mardi 16 août 2022

Canicule, Rome 1624




Huit jours plus tard, le comte, mon maître, me commanda d'aller avec deux carrosses de voyage à lui, à six chevaux, chercher les señiores cardinaux Sandoval, Spinola et Albornoz, qui arrivaient d'Espagne et avaient débarqué au port de Palo, à vingt milles de Rome. De même il m'ordonna de les convier de sa part à descendre en sa maison, où il leur tenait prêt un grand logement.

À Palo, où leurs Éminences étaient installées au château, je fis mon ambassade. Ils en firent grand cas, mais ils répondirent qu'ils ne comptaient pas entrer à Rome par ces dangereuses chaleurs, mais s'établir quelque part alentour. Cette résolution prise, je les suppliai d'y bien regarder et de placer le service du roi avant tout, tellement qu'ils se hasardèrent à risquer leur santé. Deux heures avant la nuit, il firent mettre en ordre leurs carrosses de voyage, car ils en avaient dix-sept. 

Les trois señiores cardinaux prirent place dans le carrosse du comte, mon maître, et leurs camériers et moi dans l'autre. Et de piquer des deux pour que le soleil ne les frappât point. Bref, je fis si dextrement que j'entrai à Rome au petit matin avec les seuls deux carrosses du comte mon maître, sans qu'aucun des dix-sept autres m'eût pu suivre. C'est de la sorte que je les amenai au logis de très bonne heure, le jour de Saint-Pierre qu'on présente la haquenée au pape. Ils furent logés dans la maison du comte, mon maître, chacun dans son appartement, avec le luxe et le bien-être qu'on peut croire, ainsi que leur camériers et autres valets.

Ils demeurèrent là jusqu'à tant qu'ils eussent trouvé des maisons, ce qui dut prendre un mois, et ils y furent visités par tout le Collège des cardinaux et régalés par le comte, mon maître. Moi, je m'en retournai à mon hôtellerie où je demeure présentement et demeurerai jusqu'à ce que Son Excellence me commande autre chose, car je ne désire rien tant que de la servir.

Je dois dire encore quelque chose que je tiens pour un miracle. Ces señiores entrèrent à Rome le jour de Saint- Pierre, qui est l'un de ceux ou le péril de la chaleur est le plus fort : pourtant, de toute la maison qu'ils amenaient avec eux et qui montait à plus de trois cents personnes, il ne mourut personne ; bien mieux, Leurs Éminences n'eurent point mal à la tête : d'où je tire que ce qu'on raconte des dangers de la canicule n'est que hâbleries. Il est vrai qu'à Palo je leur recommandai à tous de se bien garder du soleil et, en arrivant à Rome, de s'enfermer, moyennant quoi ils n'auraient rien à redouter des changements de temps.


Mémoires du Capitán Alonso de Contreras 

lundi 15 août 2022

Carte postale 2


Il s'agit du pont romain de Viviers, Ardèche. 

À quelques mètres de lui il y a un un rond-point qui fut longtemps occupé par les Gilets Jaunes.

C'est tout... 





dimanche 14 août 2022

Carte postale




Saint-Montan est sans doute l'un des plus beaux villages de la région, mais ils sont si nombreux ici que j'aurais du mal à établir une hiérarchie.

Le plus curieux c'est que pour parvenir à Saint-Montan il faut d'abord... descendre un col interminable. 

Bon... Je sais...

Sur le plateau qui précède on passe par un charmant village, Lussas, qui vaut le détour rien que pour son église classée du XIIE siècle :


Mais revenons à Saint-Montan. C'est un village plein de vie, jugez plutôt : pour quelques âmes il ne compte pas moins de six bistrots, presque autant de gargotes où souper. C'est un régal pour les yeux que de déambuler dans ses ruelles (un peu raides) moyenâgeuses. Je me souviens que jadis on pouvait monter jusqu'aux ruines du château, gratuitement, à ses risques et peril d'ailleurs, ruines qui n'étaient pas sans rappeler celles d'un château Cathare comme Peyrepertus. Aujourd'hui c'est devenu payant. Mais c'est pour la bonne cause : pour éviter que les ruines ne le deviennent davantage, sécuriser les lieux aussi. Et puis un sou est un sou, et nos petites communes, si riches en patrimoine, en manquent cruellement, nonobstant la bonne volonté de Stephane Bern.

Alors, si vous passez dans ma région, n'hésitez pas à descendre à Saint-Montan.

Photos :





jeudi 11 août 2022

La lune rousse



La nuit promet d'être belle
Car voici qu'au fond du ciel
Apparaît la lune rousse
Saisi d'une sainte frousse
Tout le commun des mortels
Croit voir le diable à ses trousses
Valets volages et vulgaires
Ouvrez mon sarcophage
Et vous, pages pervers
Courrez au cimetière
Prévenez de ma part
Mes amis nécrophages
Que ce soir, nous sommes attendus dans les marécages
Voici mon message
Cauchemards, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la marre aux oubliettes
Tenue de suaire obligatoire
Lutins, lucioles, feux-follets
Elfes, faunes et farfadets
S'effraient de mes grands carnassiers
Une muse un peu dodue
Me dit d'un air entendu
"Vous auriez pu vous raser"
Comme je lui fais remarquer
Deux-trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate
J'vous fais remarquer
Elle me lance un oeil hagard
Et vomit sans crier gare
Quelques vipères écarlates
Vampires éblouis par de lubriques vestales
Égéries insatiables chevauchant des Walkyries
Infernal appétit de frénésie bacchanale
Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie
Envois
Satyres joufflus, boucs émissaires
Gargouilles émues, fières gorgones
Laissez ma couronne aux sorcières
Et mes chimères à la licorne
Soudain les arbres frissonnent
Car Lucifer en personne
Fait une courte apparition
L'air tellement accablé
Qu'on lui donnerait volontiers
Le Bon Dieu sans confession
S'il ne laissait, malicieux
Courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d'un bond
Dans un concert de jurons
Disant d'un ton pathétique
Que les damnés obscènes
Cyniques et corrompus
Fassent griefs de leur peines
À ceux qu'ils ont élus
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables
En sont venus à douter d'eux-mêmes
Quel dédain suprême
Mais, déjà, le ciel blanchit
Esprits, je vous remercie
De m'avoir si bien reçu
Cocher, lugubre et bossu
Déposez-moi au manoir
Et lâchez ce crucifix
Décrochez-moi ces gousses d'ail
Qui déshonorent mon portail
Et me chercher sans retard
L'ami qui soigne et guérit
La folie qui m'accompagne
Et jamais ne m'a trahi
Champagne

mardi 9 août 2022

Mémoires du Capitán Alonso de Contreras




C'est un livre bien étonnant que je suis en train de lire. Est-ce "P" ou "T" qui l'aura déposé ici à "S" ? Sur la petite bibliothèque de guingois que j'ai façonnée de mes mains ? 

Qu'importe...

Il s'agit des mémoires du Capitán Alonso de Contreras, qui vécu à cheval sur le 16ème et 17ème siècle. L'édition que j'ai entre les mains est préfacée par Jünger. Jean Dutourd, en quatrième de couverture, en parle comme d'un chef-d'œuvre. 

Il ne s'agit pas d'un roman, même si ça se lit comme un roman : nous sommes encore loin, très loin, du siècle des romantiques, qui chialaient et se suicidaient au moindre amour contrarié, inventaient la collection "Harlequin".

Non.

Ce serait plutôt une comptabilité, un livre de bord, où seraient scrupuleusement notés toutes les flibusteries, les pirateries, les attaques et abordages, les pillages du glorieux capitaine. Tantôt pour son enrichissement personnel (très vite dilapidé), toujours au nom de la chrétienté, contre les Turcs et les Maures. Une comptabilité froide et factuelle, avec à gauche la colonne des morts, des esclaves capturés, et à droite celle des profits. Le tout sans une once de morale ou de scrupule : tu me trahis je te perfore de ma lame ; tu me trompes et je te livre à dix nègres qui feront de toi ce qu'ils voudront ; tu veux me combattre ? Combattons ! 

Et ce avec l'assurance que procuraient à ces hommes la noblesse et la chevalerie, qui savaient encore discerner où étaient le bien et le mal, l'utile et le nécessaire, l'impérieux et le négligeable ; qui ne craignaient pas l'au-delà. 

Livre autobiographique rendu incompréhensible à nos temps déréglés, et dans lequel je me sens si bien... 

Ah que n'ai-je vécu bon sang 

Entre quatorze et quinze cent... 

EN SAVOIR PLUS

vendredi 5 août 2022

Bossus




Bossu. 

Je suis le bossu des Romarins. 

Nous sommes des milliers, des millions de bossus des Bastides, de Massacan, et je ne sais pas quel crime nous payons.

Je fais depuis quelques jours une chose que je n'avais jamais faite : je mets des pastilles de chlore dans mon eau de vaisselle pour la garder plus longtemps, lui ôter cette odeur de végétation en putréfaction, pour ne pas allumer la pompe aussi. Et le soir je regarde les étoiles cruelles puis, sur le site "Météociel", les prévisions des jours à venir. Parfois je m'endors confiant : 15mm prévus dans trois jours... 15mm ! 15 litres d'eau au mètre carré ! Mazette ! Le ruisseau va de nouveau chanter ! Le lendemain sur le même site la promesse s'est envolée...

Je ne mise plus sur le prévu, espère dans l'imprévu. 

samedi 30 juillet 2022

Guerre




Je viens de terminer "Guerre", le premier, ou le dernier, comme on veut, roman de Céline en partie autobiographique. Et au fond que m'importe que "Guerre" soit la suite de "Casse-Pipe"?

Le problème, justement, c'est que j'en ai un avec Céline : je crois que je ne suis pas célinien.

Passé le choc littéraire du "Voyage", je suis allé de déconvenues en déconvenues. Un mien ami me disait qu'au 20ème siècle il y avait le grand "P" de Picasso pour la peinture, et le grand "C" de Céline pour la littérature.

Pour Céline j'avoue vraiment ne pas être convaincu. "Rigodon" reste pour moi illisible ; je ne suis pas parvenu à aller jusqu'au bout de "Nord". "Mort à Crédit" je l'ai eu trop jeune entre les mains, faudrait que j'essaie une nouvelle fois.

Si je suis venu à bout de "Bagatelles pour un Massacre", c'est que ce livre avait le goût délicieux de l'interdit. Je me souviens de l'exemplaire que j'ai lu alors. Il s'agissait d'un livre qui avait peu ou prou le format A4, sa couverture était rouge et cartonnée. Le détail amusant est qu'il était offert par un célèbre magasin parisien (dont je tairai le nom) à ses employés en cadeau de fin d'année. On a dit de "Bagatelles" que c'était un pamphlet antisémite. C'est vrai mais c'est très insuffisant à mon avis. C'est surtout un livre anti-France, anti-Français. Car pardon il en prend pour son grade le populo, il déguste tout au long de ces pages !...

Mais "Guerre" c'est quoi au juste ? J'ai du mal à le dire.

Bien sûr qu'elle est présente cette guerre où Céline a morflé en 14, mais en fond sonore, ou comme une découverte dans une pièce de théâtre. C'est surtout un livre de cul, un "Gabin" mal dialogué, un Houellebecq en plus cru, un San A. trash.

Je suis peut-être un peu con, ce n'est pas exclu. Il me faudrait le soutien d'un authentique célinien pour comprendre la démarche...

Si l'on se place du point de vue de la maison Gallimard, c'est probablement un coup de maître en matière d'édition, mais le lecteur que je suis a refermé le livre sur un "bof" circonspect.

Pas sûr du coup d'être impatient de lire "Londres".

PS : Ce que je reconnais à Céline, c'est qu'avant lui personne n'avait écrit comme lui. 

jeudi 28 juillet 2022

Le partage des eaux




 Je prélève un litre pour me laver les dents, trois litres pour me rafraîchir les aisselles, quatre pour nettoyer ma tignasse, soixante pour le cèdre du Liban, quarante pour le lilas du Japon, soixante de nouveau pour les deux eucalyptus, trente pour l'arbre à papillons, la même quantité pour la glycine, vingt pour le sapin de Noël replanté l'année dernière ; je ne compte pas pour le laurier rose qui a failli mourir. 

Le niveau baisse, mais le partage me semble équitable (et écoresponsable comme on dit...).

mercredi 27 juillet 2022

Mer calme à agitée




Il y a un an environ, une camionnette s'est arrêtée à proximité de "S". Un jeune homme plein de vigueur en est descendu avec un instrument dans la main. Il m'a montré du doigt le poteau de bois qui nous amène ici électricité et téléphonie. Mais lui visiblement en cherchait un autre de poteau, qu'il m'a indiqué sur son appareil électronique auquel je ne comprenais pas grand-chose.

- monsieur, ce poteau n'existe pas, le dernier que vous trouverez dans le secteur, c'est celui-ci, le nôtre, le dernier de la commune. D'ailleurs si vous continuez sur quelques mètres, vous serez sur la commune voisine. Ici c'est le terminus, même le facteur rechigne à y venir.

Il ne voulait pas le croire, sa machine lui indiquait un poteau et il voulait voir ce poteau. Je n'ai pas cherché à le convaincre, mais, à toute fin utile, je lui demandais pourquoi il y tenait tant à ce poteau.

- eh bien monsieur, m'a-t-il répondu, c'est que nous apportons la fibre, que vous l'aurez au plus tard début 2023. Et qu'il nous faut préalablement répertorier le réseau car elle sera aérienne.

Sur ce il est reparti, avec sa petite machine entre les mains, interrogeant du regard les collines, insatisfait de ma réponse.

Bigre... "la fibre" allait arriver jusqu'ici...

Hier je descendais vers la ville par la petite route. Là je croisais une autre camionnette, avec élévateur, et deux ou trois hommes qui s'affairaient à accrocher des câbles au sommet des poteaux. Curieux comme je suis, je me suis arrêté pour leur demander la nature de leur activité. Et c'est tout naturellement qu'ils m'ont répondu "qu'ils apportaient la fibre au hameau de "V". 

Le désert numérique perdait du terrain, et dans cette marche vers le progrès, "S" serait la dernière à être servie.

Ça m'a laissé songeur. Je me suis souvenu d'un temps, pas si lointain, où quand je venais à "S" je n'avais pour seules compagnies que des livres, le feu dans la cheminée, un téléphone qui ne sonnait que très rarement, mes rêves et un vieux transistor. 

C'est de ce vieux transistor dont je me souviens aujourd'hui. Au fond de cette vallée perdue, il ne captait presque rien. France Inter y était encore audible, mais, par un défaut technique que je ne saurais expliquer, passé le flash de 20h, sa captation des ondes déclinait, le son se perdait dans un grésillement progressif, le transistor ne percevant plus que le "tac tac" de la clôture électrique voisine. C'était l'heure de la météo marine. Elle durait des minutes qui paraissaient des heures. C'était aussi un moment de grande poésie, propice à l'évasion :

Mer d'Iroise, vent modéré de secteur sud, mer calme, pas d'avis de coup de vent en cours ni prévu. 

Cantábrico, mer calme à agitée, vent de secteur sud-ouest se renforçant dans la nuit. 

Et je somnolais au coin du feu. J'étais ce marin embarqué sur son chalutier qui regardait s'éloigner la côte.

Le son dans le transistor devenait insupportable. Le "tac-tac" surnageait dans un océan de grésillements, la voix du présentateur devenait inaudible. Je me levais et coupais l'appareil. Ne restait plus alors qu'un immense silence.

La fibre arrive, et les rêves s'en vont.

EN COMPLÉMENT CETTE BELLE CHANSON DE JULIETTE, MÉTÉO MARINE.



dimanche 24 juillet 2022

Savoir-vivre à la française




Quand je vais faire mes courses à la ville, je traverse un charmant village, tout à fait provençal avec sa fontaine, son boulodrome, ses platanes et ses lauriers roses ; une vraie carte-postale. 

Mais, comme bien des villages par ici, il présente cette particularité que sa rue principale est très étroite. Elle oblige les automobilistes à quelques concessions, comme de s'arrêter quand une voiture venant d'en face est engagée dans le corridor formé par les maisons. En marque de remerciement de reconnaissance on se salue de la main, tout se passe dans la plus aimable civilité. Même les Hollandais, nombreux par ici en cette saison, ont adopté la coutume, c'est vous dire.

Aujourd'hui, revenant de la ville où j'étais aller faire provision de fumigènes et acheter un concombre, je me suis engagé dans ledit corridor, obligeant en face de moi un automobiliste à s'immobiliser. Comme le veut la coutume donc, je l'ai salué de la main. J'avais ma vitre baissée, lui aussi, et au moment de nous croiser j'ai entendu un puissant, un retentissant "bâtard !", bien gras, bien lourd et guttural.

Bon... me suis-je dit, encore un qui a dû se faire piquer par une guêpe... 

vendredi 22 juillet 2022

Le triangle de l'enfer




Il fait chaud, si chaud ici à "S."...

J'entends et je lis que partout ailleurs les températures redeviennent "normales". Mais ici je suis dans ce triangle infernal qui est promis, j'en suis de plus en plus convaincu, à la désertification. C'est un triangle qui aurait son sommet à Valence et s'étirerait sur l'est vers Marseille, Aix-en-Provence, et sur l'ouest, Montpellier et Béziers. Et moi, nous, sommes en plein milieu.

Ce qui fait l'étrangeté de cette année, c'est la précocité de la sécheresse, de ce vent brûlant, asséchant, qui vient du sud. Le ruisseau en bas de "S" s'évapore sous mes yeux alors que nous ne sommes qu'à la mi-juillet, mois si délicieux en principe (mois de ma naissance). L'autre aspect désolant c'est que même les cigales ne chantent plus. Les oiseaux n'en parlons pas... Il y a jusqu'aux guêpes qui ne sont plus les mêmes : je me souviens naguère qu'elles savaient garder leurs distances, avaient une forme de savoir-vivre : "permettez cette petite tranche de melon oubliée ? Et cette peau de saucisson ? Je ne fais que passer rassurez-vous ! Ah ! Je fais une pause sur ce noyau de pêche, et promis je m'en vais !" Là, elles s'invitent en nombre, se posent sur vos mollets, vos bras, votre cou, tètent votre sueur, et vous piquent franchement si vous marquez votre désaccord. Elles sont plus menues aussi, leur vol plus erratique, imprévisible. Leur détermination semble à toute épreuve. C'est comme si une autre race s'était invitée sous nos contrées portée par des vents favorables venus du Sahara.

Ce coin de France hélas, risque de devenir invivable de juillet à septembre dans le meilleur des cas.

Rajout de fin de journée* :

En allant vérifier le niveau du bassin où je puise mon eau (stable tendance baissière), j'ai dérangé la biche qui y prenait son bain. 

C'est la deuxième fois depuis mon arrivée à "S : nous allons apprendre à nous connaître...

*Samedi 18h. 

mardi 19 juillet 2022

En attendant septembre




Je suis rassuré. 

Dans notre assemblée climatisée on discute enfin de mon coup de chaleur, de ma transpiration.

J'espère que le soleil aura bien entendu le message déterminé que la République unie lui envoie aujourd'hui, qu'il montrera bientôt des signes de bonne volonté, d'apaisement.

Sinon on attendra septembre... 

vendredi 15 juillet 2022

Aphorisme diurne et désabusé


40 degrés à l'ombre ce n'est jamais plus que 3 degré au-dessus de la température normale du corps humain... 

Pas de quoi en faire un fromage...

Si ça pouvait durer pas trop longtemps quand même, je résiste mieux à moins 10... 

jeudi 14 juillet 2022

Interview sur l'herbe



Quand même il ne s'emmerde pas Président. 

Pour renouer avec la traditionnelle interview du 14 juillet, il s'est entouré de deux jolies femmes. 

Le moment eut lieu au fond du jardin, à l'ombre apaisante d'un tilleul. En arrière plan on pouvait admirer la demeure de la marquise de Pompadour, coiffée du drapeau de la République.

C'était champêtre et bucolique, un léger vent frais que l'on devinait dans les robes et les cheveux de ces dames ajoutait au bonheur d'être là. 

Ne manquaient qu'un rosé de Provence dans son seau à glace, un orchestre tzigane, pour s'assoupir, comblés. 

lundi 11 juillet 2022

Sounds of Paris

 

Station Châtelet ce lundi, correspondance Ligne 4, un peu avant midi (n'ai pas pensé à prendre ce fier orchestre en photo) :

 

 

dimanche 10 juillet 2022

Saint-Pierre-de-Montrouge



Notre église, Saint-Pierre- de-Montrouge, nous a été rendue il y a déjà quelques semaines, déshabillée de ses échafaudages, dans une nouvelle jeunesse.

Elle a aujourd'hui je trouve, dans ce ciel infiniment bleu, des allures méditerranéennes, grecques.

Son carillon, longtemps étouffé pour ne pas briser les tympans des ouvriers qui la soignaient, sonne de nouveau haut et fort le temps qui passe et autres moments liturgiques dont nous avons perdu le sens, la compréhension. 

Voilà au moins, pour des années, l'un de nos édifices religieux en péril de sauvé. 




À partir du 15 septembre

 

Quelle ironie tout de même : il y aura bientôt cinq mois, au déclenchement de la guerre en Ukraine, nous entendions des voix bravaches qui nous disaient "ah mais ça ne va pas se passer comme ça, vous allez voir ce que vous aller voir ! Nous allons stopper les importations de pétrole et de gaz russes ! Mettre l'économie de Poutine à genoux !". 

Aujourd'hui nous entendons : "mais comment allons-nous faire cet hiver sans le gaz russe ?". 

Ça me rappelle quelque chose :

 

jeudi 7 juillet 2022

On en pense ce que l'on veut mais...


... La précaution oratoire indispensable pour dire que Marine Le Pen a raison. 

Surtout quand on est chroniqueur ou journaliste grassement payé sur les plateaux télé. 

Variante : "elle n'est pas ma tasse de thé mais il faut reconnaître que..."

Dieu que le chemin est long... 

mardi 5 juillet 2022

Aphorisme nocturne et désabusé


Ils sont tellement traumatisés par le vote populaire qu'ils continuent à dire le "Front National" comme s'il s'agissait d'une insulte... 

lundi 4 juillet 2022

De la sodomie dans la constitution

 

Hier soir, cherchant à oublier temporairement mes emmerdements, je regardais sur la Tivi un débat passionnant. Il portait sur la décision américaine de revenir sur le droit à l'avortement. Ce qui est faux d'ailleurs, il faut le marteler : la CS a redonné à ses états membres la possibilité d'édicter leurs propres lois sur le sujet, ni plus ni moins, et c'est une nuance de taille.

Mais il y avait sur le plateau une célèbre correspondante aux EU. Révoltée, outrée, elle en est venue à dire qu'avec pareille loi certains états pourraient un jour criminaliser la sodomie. Je ne sais pas si elle est elle-même adepte de la pratique mais, compatissant, je me suis dit "elle a raison, ça peut devenir un problème pour beaucoup"...

Et comme nous ne sommes pas à l'abri des mauvaises influences américaines, j'ai imaginé que la chose puisse un jour arriver dans notre douce France. Mais tout de suite je me suis rassuré :

Puisque notre gouvernement se propose de réunir, en congrès extraordinaire, le parlement, afin d'y graver dans le marbre de notre constitution le droit à l'IGV, et bien nous n'avons qu'à profiter de l'occasion pour y inscrire également le droit imprescriptible à la sodomie. Et comme on ne va pas convoquer tous les quatre matins le parlement sur des sujets aussi importants, je suggère un article supplémentaire : le droit à la fellation. Avec un alinéa toutefois, précisant s'il est permis d'avaler ou pas.

Quoi ! ?

Je vous choque ?

Mais quand on vit en Absurdie, il faut avoir le courage de pousser l'absurdité jusqu'au bout !

Non ?....

vendredi 1 juillet 2022

Avis de décès

 


Avertissement : L'histoire qui suit est rigoureusement authentique, j'aurais préféré ne pas avoir à la vivre. 

Si je n'ai pas pris le temps de répondre à vos commentaires sous le billet précédent, n'en prenez pas ombrage, j'ai pour cela une bonne raison qui me laisse encore sous le choc : j'ai appris aujourd'hui, jour de mon anniversaire comme s'il fallait en rajouter à la farce, que j'étais mort, et ce depuis déjà les derniers jours de mars.

C'est sous les coups de midi, au courrier, que j'ai appris la nouvelle : Ameli dans deux grosses lettres qui m'étaient adressées, mais qui étaient plutôt destinées à mes héritiers, se répandait en condoléances et se proposait le cas échéant de verser à ma veuve, mes enfants, un capital décès et autres aides éventuelles.

Sur le coup, je n'ai pas pris la chose très au sérieux, je suis même parti dans un grand éclat de rire. Et puis j'ai réalisé que ce même matin je n'avais pas reçu le premier versement de mes pensions de retraite. J'ai voulu en avoir le cœur net et me suis donc rendu sur mes espaces personnels en ligne et là, surprise, N° de SS invalide..., Ameli idem, peut-être même que le permis de conduire avec lequel j'ai roulé dans Paris ce jour appartient à un mort...

C'est la mairie de mon arrondissement qui m'a joué ce vilain tour, et c'est d'ailleurs assez curieux car bien que mort dans les derniers jours de mars, j'ai pu voter au premier tour des législatives (au second j'étais à la pêche). 

Ameli, tout comme mes différentes caisses de retraite, refuse de me ressusciter et demande de ma part des preuves de vie ou, plus exactement, "des actes de vie". La démarche est fastidieuse : se procurer son acte de naissance à la mairie de son lieu de naissance puis se rendre au choix dans sa mairie de lieu de résidence ou au commissariat de son quartier et demander le fameux "acte de vie", renvoyer tout ça aux différents organismes payeurs. En attendant je suis comme qui dirait un "mort-vivant".

Mais je compte bien tirer parti de cette situation : j'ai, dans mes courriers à traiter, une amende à payer. Une amende pour un dépassement de vitesse ridicule, 3 Km/h, mais qui entraine la perte d'un point et le paiement sous quinze jours de la modique somme de 90 euros. Mais enfin quoi ! S'il arrive que l'on fasse voter les morts, ça c'est vu et j'en suis un exemple... vivant, depuis quand les ferait-on payer ? Je m'en vais m'en expliquer avec l'Officier du Ministère Public, on verra bien.

En attendant que vous dire, sinon que le paradis (à moins que ce ne soit l'enfer) ressemble bigrement à la vie normale...

C'était bien la peine de mourir...

jeudi 30 juin 2022

La burlat du paki



Ce soir ma belle, anticipant d'un jour mes soixante et un balais, m'a rapporté du chemin de son retour une barquette de burlat.

La cerise burlat... 

Ça peut paraître anecdotique de prime abord, mais cherchez-en autour de chez vous : vous n'en trouverez pas ou alors au prix du caviar.

-  merci mais tu as dû te ruiner !

- pas du tout : je les ai achetées à mon copain pakistanais qui tient son stand sur le trottoir au sortir de mon bureau. Pour presque rien... 

Ça m'a laissé rêveur... 

Comment fait-il ce paki pour proposer aux passants ce délice de printemps devenu inabordable ? Ce plaisir autrefois si simple et naturel, gratuit ou presque : croquer une cerise sans y laisser la peau des fesses quand arrivent les beaux jours ? 

Faire exploser sous ses dents tous les parfums d'une burlat est devenu un luxe qu'un paki propose encore dans les rues de Paris à prix défiant toutes concurrences. 

L'immigration a bien ses mystères... 


mercredi 29 juin 2022

Un sondage qui en dit long

 


 

Voilà, la France a peur.

Et quand il s'agira de remettre en vigueur le passe-sanitaire ou vaccinal, cette même France approuvera derechef. 

Cette France-là me fait pitié...

mardi 28 juin 2022

Aphorisme nocturne et désabusé


Le problème avec les gens qui parlent fort au téléphone, dans le métro, le train, aux terrasses des cafés, la rue, c'est leur forfait illimité. 

dimanche 26 juin 2022

Syracuse

 


Fiston (puîné), qui baroude présentement en Italie, fait ces jours-ci escale à Syracuse.

Syracuse...

Alors, forcément, me trotte dans la tête cette chanson douce : "Syracuse". 

Allez, je me lance, en implorant votre indulgence :

 

samedi 25 juin 2022

Renoncement, dissolution, suite du billet précédent


La lettre de M. de Rastignac dans VA de cette semaine (image cliquable pour une meilleure lecture) :



PS : Désolé pour le format mais elle m'est arrivée comme ça...

Ah !!! C'est mieux comme ça !


jeudi 23 juin 2022

La dissolution je suis pour !




Et le plus tôt sera le mieux. 

La France (et non le pays comme j'entends trop souvent) n'a pas besoin d'un président autiste accouplé à un premier ministre polytraumatisé.

Il est urgent en effet de dissoudre cette assemblée incomplète, d'y porter non pas 89 mais 150 voire 200 députés RN. 89 c'est bien mais c'est insuffisant. 

L'occasion va se présenter dans quelques mois. C'est inévitable.

J'invite par avance tous les joueurs de bonneteau, les aquoibonites, ceux qui battent les bulletins de vote comme dans une partie de poker menteur, à se saisir de l'occasion qui leur sera présentée ce jour-là, à faire preuve d'un peu de sérieux, d'intelligence collective et, pour tout dire, à se bouger un peu le cul.

Vos séries de merde sur Netflix, vos soldes d'été ou d'automne, une colposcopie programmée, ne sauraient être des excuses recevables à votre désaffection.

Ces jours-ci vous pouvez déjà constater l'effet d'un bulletin de vote. Alors votez ! 

La clarification s'impose et ne dépend que de nous, de vous. 

dimanche 19 juin 2022

Ainsi parlait Father

 


 

 Sur l'incroyable bouillon de culture que fut l'Aquaboulvard durant ces dernières heures un peu chaudes, comme dans bien d'autres lieux de détente et de loisirs désormais sous SURVEILLANCE POLICIÈRE, je ne résiste pas à vous soumettre ce texte de l'irremplaçable FATHER MACKENZIE.

Tous les écrivaillons de Causeur ou de Boulevard Voltaire, aussi méritants soient-ils, tous les commentateurs des chaînes "info en continu", et encore moins les pauvres blogueurs dont je suis, ne lui arriveront jamais à la cheville.

Repose en paix mon ami, tu es vivant puisque je pense à toi tous les jours, dans ce monde que tu as choisi de quitter.

 

Le migron

Au contact de l’eau chlorée et en l’absence de femelles, le migron subit une transformation hormonale qui lui permet d’entamer son étrange cycle de reproduction ovipare, qui combine hermaphrodisme et métamorphoses. Le canal ovipare s’ouvre alors momentanément dans le cloaque, et l’ovulation du « mâle » se fait par l’évacuation des fèces dans le milieu liquide.

Pendant la même phase de reproduction qui se tient toujours dans un bassin d’eau tiède et agitée -dit jacuzzi- dont le milieu oxygéné et brassé est favorable à la dissémination des ovules et à leur séparation des matières fécales, un ou plusieurs migrons mâles, déféquants ou non, sollicités par le stimulus sensoriel de l’eau souillée, répandent alors leur sperme directement dans le milieu aquatique, généralement par onanisme. Encore que l’on puisse observer quelques cas d’insémination anale directe sur un partenaire précis du groupe, activement individuelle ou collective**, cas où la fécondation est alors interne et externe mais toujours suivie d’évacuation excrémentielle, la fécondation des ovules se faisant essentiellement dans l’eau du bassin. Les œufs ont l’aspect de petits globules noirs noyés dans une substance gélatineuse et transparente.

Il est à noter que ce processus autorise un certain pourcentage d’autofécondation, qui croît avec la diminution du nombre de partenaires.

Des cas de migrons onanistes déféquant isolés ont été signalés par la science moderne, mais en général on assiste plutôt à des comportements collectifs de parades prénuptiales, singularisés par des « chants » rauques et des démonstrations de virilité du type claquement de nageoires et concours de bite, assez semblables aux comportements des pinnipèdes dans les pataugeoires des rookeries où les phoques mâles isolés attendent les femelles dont la migration démarre un à deux mois plus tard.

L’œuf fécondé entame alors un cycle rapide métamorphique. Il est avéré que la présence de chlore est nécessaire à cette mutation. Dans son milieu naturel, le migron se reproduit comme n'importe quel étranger, ce n’est que lors de la migration de grandes hordes de mâles vers les frayères de l'Ouest et sous certaines conditions que ce processus reproductif se déclenche. L'ensemble des conditions biotopiques nécessaires a été nommé « Merkelisation » par les biologistes modernes.  Il est parfois aussi nommé Machen und Scheiße, (foutre et merde) en honneur aux deux prénoms de la Chancelière.

Profitant des nutriments des fèces flottant dans l'eau du jacuzzi, l'œuf se transforme en quelques minutes en larve appelée têtard à cause de la grosseur de sa tête ; son corps est cylindrique, terminé par une queue aplatie. La larve est munie d’un système branchial qu'elle ne perdra que lors du cycle suivant lorsque, évacuée par le système d'épuration de la piscine, elle finira par rejoindre le milieu fluvial puis marin, où elle connaitra alors une rapide transformation en migron adulte bipède.

Le migron mâle adulte alors doté de poumons perd ses facultés natatoires et s’accroche par grappes à une quelconque épave, dérivant vers l’Ouest. Il pourra alors entamer un nouveau cycle merkelien et rejoindre la génération précédente à la piscine, à la condition toutefois de rencontrer son hôte : l'humanitaire. Car le migron adulte est avant tout un parasite et un commensal.

Ce complexe système de reproduction est une remarquable illustration des possibilités de la Nature et de la capacité des espèces à s'adapter à des contraintes environnementales exceptionnelles.

Ici c’est un mammifère qui a emprunté - sous la pression démographique et devant l'opportunité du vide territorial de territoires lointains peuplés seulement d’humanitaires - des stratégies reproductrices empruntées aux batraciens, aux lemmings et aux parasites intestinaux.

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** On a même observé quelques cas de pénétration collective en couronne assurant ainsi un rôle mâle et femelle à tous les partenaires, il s'agit d'un cas extrême d'optimisation génétique.

Rajout de dernière minute :

Father aurait été heureux ce soir... 

jeudi 16 juin 2022

La boussole des LR



Législatives 2022 : «J'ai honte pour lui», déclare Brigitte Kuster après la rencontre de Nicolas Sarkozy avec sa concurrente macroniste à Paris

L'ancien chef de l'État s'est entretenu, selon une information du Parisien, avec Astrid Panosyan-Bouvet. Un affront pour sa concurrente, pourtant amie de longue date de Sarkozy.


Cet homme quand même... encore aujourd'hui la boussole des LR (ce qui explique probablement leurs piètres scores aux derniers scrutins), je le verrais bien taper la belote avec Balkany à la Santé.

Et comme je suis quelqu'un d'humain, je lui enverrais volontiers tous les mois une barquette de petits pois Cassegrain*...

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mardi 14 juin 2022

Air Force One



Oui enfin comparaison n'est pas raison, on est d'accord. Mais j'aime assez le symbole. 

dimanche 12 juin 2022

Nupes mais pas trop

Ce matin dans mon bureau de vote de la 11ème circonscription de Paris où je votais, j'ai failli trahir. Il faut dire que la candidate qui représentait le camp auquel je suis fidèle depuis des décennies n'était pas très engageante, manquait de pep's, que Reconquête ! me faisait de l'œil. Oui mais voilà je suis fidèle, et comme c'est possiblement la dernière fois que je participais à une élection je ne me voyais pas trahir.

Je ne connais pas encore les résultats définitifs de ma circonscription, mais le plus probable est que dimanche prochain j'aurai le choix entre un candidat macroniste et un candidat de la Nupes. Et bien, contrairement à la consigne donnée ce soir par MLP, je ferai barrage au candidat LaREM et voterai la Nupes. C'est à contre cœur évidemment, j'en suis profondément désolé, mais c'est la seule solution qu'il me reste : glisser un grain de sable mélenchoniste dans la machinerie trop bien huilée de la macronie. En résumé c'est tactique : tout faire pour que l'arrogance, la suffisance, l'autisme et le mépris que nous avons subi durant cinq ans soient le moins possible présents à l'assemblée dans les prochaines années.

Le peuple, divisé entre deux extrêmes, est ce soir largement majoritaire. S'il veut être entendu, respecté et écouté, il doit dans un sens ou dans un autre, dimanche prochain, passer outre ses répugnances ataviques.

Ou confirmer les vraies... 

samedi 11 juin 2022

Un Chabrol sinon rien



 

Je me souviens d'un temps où, consultant mon programme tivi, je me disais "tiens, chouette, ce soir un Chabrol". Il se trouve que ces jours-ci, sur une chaîne périphérique de la TNT, il y en avait deux de programmés. Chouette ! Deux Chabrol de moi inconnus ! J'allais me régaler, goûter des mets surfins...

Le premier s'intitulait "L'ivresse du pouvoir", avec entre autres l'inexplicablement adulée Isabelle Huppert, et, dans ce casting farfelu, j'ose à peine l'écrire sur ce blog, un dénommé Patrick Bruel, aussi bon acteur qu'il n'est chanteur. Comprenez-moi : j'ai zappé au bout de moins de 15 minutes. L'autre Chabrol, mais j'étais devenu méfiant, c'était hier soir : "Bellamy", avec notre monument national (c'est vrai qu'il avait déjà pris quelques kilos...) Gérard Depardieu dans le rôle d'un commissaire sur le retour. Là encore quel naufrage : indigence du scénario, des dialogues, de la mise en images, à peine du niveau d'un téléfilm de France Télévisions un samedi soir, c'est vous dire... Avec une propension à singer le Maigret de Simenon...

Du coup je me suis mis à me remémorer et reconsidérer la filmographie de Claude Chabrol pour en arriver à cette interrogation : Et si ce que j'avais hier adoré n'était au fond qu'une suite de mauvais téléfilms ? Quoi sauver dans l'œuvre de Claude Chabrol ?

Lisant ici ou là sur Internet quelques critiques plutôt élogieuses sur ce dernier film (Bellamy donc), j'en viens à me demander si ce n'est pas moi qui, avec le temps, fait preuve d'une trop grande intransigeance.

lundi 6 juin 2022

La lettre de M. de Rastignac

 


Je lisais dans VA la dernière lettre de M. de Rastignac, que l'on doit, si j'ai bien compris, à M. Alexis Brézet du Figaro. Elle est très amusante en ce sens qu'elle rejoint les prédictions Houellebecquiennes de son dernier roman "anéantir". EM ne pouvant se représenter en 2027, c'est Bruno Le Maire, infatigable et irréprochable ministre des Finances durant deux quinquennats, qui est tout naturellement désigné pour prendre sa succession face à un saltimbanque (Cyril Hannouna ?). 

C'est bien vu et remet en lumière les talents divinatoires de MH.

Mais ce sont les dernières lignes de cette lettre, intitulée "Le Ministre", qui frappent et choquent le citoyen que je suis :

"Pourquoi, me direz-vous, n'est-il pas à l'hôtel de Matignon ? Allons, mon cousin ! La vertu de prudence recommande de ne pas y nommer ceux qui pourraient faire de l'ombre au Château..."

Ces lignes résument assez bien le mal dont nous souffrons. Un homme d'État, un vrai, devrait faire preuve d'abnégation, choisir les meilleurs pour servir les intérêts supérieurs d'un idéal qui surplombe de très loin sa petite personne : la France. Ce sont ces hommes, sachant se dépasser, s'effacer presque, anticiper l'avenir au-delà de leur propre avenir, qui rentrent dans l'Histoire, au travers des siècles et des quatre rues qui font Paris (Sully, Colbert, comme il est mentionné dans cette lettre).

La peur du locataire de l'Élysée, au bail hélas fraîchement renouvelé, que quelqu'un puisse lui "faire de l'ombre", démontre que nous n'avons pas affaire à un homme d'État, mais à un égocentrique sans envergure qui laissera une trace moins durable que celle d'un escargot après la pluie.

Bon débarras

 


Manuel Valls a annoncé, sur Twitter ce dimanche soir, son élimination dans la 5e circonscription des Français de l'étranger.

Tiens pour une fois je suis d'accord avec les Dupes, pardon... les Nupes : bon débarras !

C'est ma petite joie de voir ces politiciens qui vont à la godille finir sur un récif, j'en espère beaucoup d'autres au soir du 12 juin. 



dimanche 5 juin 2022

Métier de p...

 - D'abord je voudrais vous présenter mes excuses... Comment ? Heu oui mes plus plates excuses évidemment. Je suis impardonnable. Vraiment désolé si j'ai pu froisser certains d'entre vous par mes propos inacceptables, mais n'oubliez pas de vo.... Pardon ? À genoux ? D'accord... voilà... tout de suite... mais aux prochaines vo... Aaaaah... Le fouet ? Oui, je mérite le fouet. Mais pensez à voter pour m... Aaaaaaaah... Doucement quand même... Comment ? Oui je suis une salope, mais je vous en supplie, votez pour moi aux prochaines législatives ! Aaaaaah.... Moins fort le fouet !



 En pleine campagne à sa réélection, le député François Pupponi s'excuse devant la communauté musulmane locale. Celui qui passait d'un plateau télé à un autre pour dénoncer le communautarisme, le clientélisme, l'islam politique,... récidive et fait profil bas pour avoir leur voix.

samedi 4 juin 2022

Requiem pour l'Europe

 


L'Europe est morte. Et l'on ne peut même pas ajouter "Vive l'Europe!" car elle ne renaîtra pas de sitôt. En fait, l'Europe a existé entre les traités de Westphalie et la fin du XXè siècle. Et la Russie a été un élément majeur de sa construction. Car l'Europe n'était pas une construction naturelle: elle est née de la volonté des peuples européens de construire une façon de coexister, de créer, de produire, de rêver à un monde meilleur, après que les guerres de religion avaient fait éclater la Chrétienté médiévale. L'Europe est née avec les traités de Westphalie, elle avait été engloutie apparemment par les deux guerres mondiales, mais elle semblait renaître de ses cendres en 1990 . Elle s'est finalement brisée sur quatre écueils: sa soumission au modèle américain, le dogmatisme de l'Union Européenne, les guerres de Yougoslavie et, pour finir, le rejet de la Russie. Requiem.

Il n’y a pas d’Europe sans la Russie

 

L’Europe est morte. Car il n’y a pas d’Europe sans la Russie. C’est ce que le vieux Henry Kissinger a voulu dire, entre autres choses, quand il a demandé, à Davos, que la diplomatie reprenne ses droits dans la guerre d’Ukraine. 

Kissinger a créé avec Nixon la puissance américaine des cinquante dernières années mais il n’oublie pas ce qu’il doit à l’Europe et à son équilibre des puissances. 

La Russie n’était pas signataire des traités (Münster, Osnabrück) qui ont mis fin à la guerre de Trente Ans ainsi qu’à l’affrontement franco-espagnol (Paix des Pyrénées en 1660) et qui fondent une Europe des Etats. Mais elle rejoint le système au début du XVIIIè siècle. Et elle en est une pièce maîtresse: aussi bien pour mettre fin à la démesure napoléonienne que pour abattre la plus terrible menace que l’Europe ait suscité en son sein: l’Allemagne national-socialiste. 

A tel point que, lorsque la Russie est absente, comme entre 1917 et 1922, entre la révolution de février et le traité de Rapallo, l’Europe se défait. 

L'Europe, cette réalité née au XVIIè siècle

Entendons-nous, d’abord, sur ce qu’on appelle “Europe”. Ce n’est pas d’abord une entité géographique. Si de Gaulle la place entre l’Atlantique et l’Oural, c’est d’abord parce qu’elle est une réalité historique et politique. 

Au commencement, il y eut l’Empire romain d’Occident et celui d’Orient. Puis il y eut la Chrétienté et Byzance. Quelques décennies après la chute de Byzance, l’unité de l’Europe catholique se brise. Après un siècle et demi ou presque de guerres de religions (1517-1648), l’Europe naît de la volonté de séparer les querelles religieuses et les querelles politiques, d’appuyer l’appartenance collective des individus sur la souveraineté des Etats. 

C’est le modèle d’organisation de la “post-chrétienté”, sorti du cerveau génial du Cardinal de Richelieu et mis en oeuvre par le cardinal Mazarin dans les traités de Münster, d’Osnabrück (1648) puis des Pyrénées (1660). A partir du milieu du XVIIè siècle, l’Europe, ce sont: 

  • des congrès de paix, qui sont capables de mettre fin aux conflits: Nimègue (1679), Ryswick (1697), Utrecht (1713) sous Louis XIV; Aix-La-Chapelle (1748) et Paris (1763) sous Louis XV; le second traité de Paris par lequel Louis XVI met fin à la Guerre d’Amérique (1783); le congrès de Vienne qui met fin aux guerres napoléoniennes etc…
  • l’Europe c’est aussi une culture avec la proliférations des cours royales et des villes qui cherchent à attirer les talents; c’est un prodigieux développement scientifique, un véritable feu d’artifice qui dure au moins jusqu’en 1914; ce sont les deux premières révolutions industrielles (1770 et 1870). 
  • L’Europe, c’est le triomphe de la laïcité, fille de l’Evangile; c’est la liberté de l’esprit, la tolérance, l’invention de la liberté politique moderne, le parlementarisme. 
  • L’Europe c’est bien entendu aussi l’Etat moderne, avec sa rationalité exacerbée, c’est la modernisation constante de l’art de la guerre, au point de déboucher sur les deux guerres mondiales. 

A toute cette aventure, la Russie a participé, par la volonté modernisatrice de la dynastie des Romanov. De la tournée en Europe occidentale de Pierre le Grand en 1717 à la révolution russe de 1917; la Russie a été un facteur de l’équilibre des puissances; elle a participé à nombre de guerres; elle a apporté sa contribution au débat d’idées, au développement des arts. Elle est devenue une puissance industrielle. 

Même après la révolution bolchevique, la Russie devenue soviétique n’a eu de cesse de rentrer dans le dialogue européen. D’abord parce que le marxisme était sorti du cerveau (fumeux) d’un philosophe allemand; mais surtout parce qu’elle voulait participer à l’aventure européenne. On notera que c’est la Russie de Staline et les peuples de l’Union Soviétique avec elle qui écrasent cette négation absolue de l’esprit européen qu’était le nazisme (avec son rejet de l’héritage judéo-chrétien et de l’humanisme et sa fascination à la fois pour une ère précivilisationnelle et pour le gigantisme américain moderne). 

 

Cette éphémère renaissance de l'esprit européen qui a mis fin à la Guerre froide

Après 1945, ce sont des forces européennes qui ont mis fin à la Guerre froide. Face aux Etats-Unis pour qui les frontières des autres doivent s’abolir pour faire place à leurs idées et leurs marchandises, Charles de Gaulle, Willy Brandt, Margaret Thatcher, Jean-Paul II, Mikhaïl Gorbatchev ont réinventé l’Europe. Ils ont trouvé les moyens de mettre fin à la Guerre froide. 

Ils ont réappris à distinguer entre les querelles idéologiques et les intérêts politiques; ils ser sont souvenus que, si l’Europe rejettait  toute théocratie, elle faisait toute sa place au christianisme; ils ont réappris la culture de la négociation diplomatique qui avait fait le concert des nations. 

Il semblait, en 1990, que malgré les deux guerres mondiales, l’Europe renaissait. L’Europe avait su faire passer la politique avant l’idéologie; elle avait retrouvé le sens de la paix, elle avait reconstruit son économie, le sens du tragique d’un Soljenitsyne ou des écrivains d’Europe centrale pouvait la ramener à l’inspiration littéraire et artistique. Mais l’illusion d’une renaissance européenne s’est très vite dissipée. Il est apparu que la fin de la Guerre froide avait été le chant du cygne d’une civilisation qui avait duré un peu moins de quatre siècles. 

 

Le naufrage définitif de l’Europe

  1. Nos milieux dirigeants se sont prosternés devant le modèle américain. Or, par leur messianisme politique, par leur manque de profondeur historique, par leur absence de sens du compromis, les Etats-Unis sont étrangers à l’Europe. Michel Albert l’avait montré dans un livre célèbre (Capitalisme contre capitalisme, 1991), le capitalisme européen contrariait son génie en se financiarisant à l’américaine. Surtout, l’Amérique nous a entraîné dans des guerres sans fin, en particulier au Proche-Orient, et nous a exposé à leur effet en boomerang, à commencer par les vagues migratoires. 
  2. Comme si un dogmatisme ne suffisait pas, les Européens en ont ajouté un second, celui du fédéralisme européen. L’esprit de réconciliation des années 1950 avait créé des institutions pour la coopération. Ce qui se passe à partir de 1990, c’est cependant une profonde idéologisation du projet: depuis 30 ans, l’Union Européenne se construit comme une immense machine bureaucratique, pour qui la production de normes devient une fin en soi. L’économie européenne est bien moins performante que ce qu’elle pourrait être; elle a raté le tournant de la troisième révolution industrielle (même si Klaus Schwab beugle qu’il en est lui à la “quatrième”). Et, surtout, l’UE est impuissante à imposer les intérêts de ses membres dans les relations internationales. 
  3. Dès le début des années 1990, les guerres de Yougoslavie ont montré la disparition de la volonté européenne. S’il y avait eu une véritable renaissance de l’esprit européen, ces petits conflits étaient faciles à empêcher avec une force d’interposition et une conférence diplomatique. Mais nos intellectuels, nos médias et, finalement, nos politiques, sont si américanisés qu’ils ont transformé l’éclatement de la Yougoslavie en un affrontement entre les méchants Serbes et les gentils autres. Aucune notion, dans les chancelleries des années 1990, de ce que l’Europe est ce lieu capable de surmonter les différends entre catholiques et orthodoxes hérités de la vieille chrétienté; aucune reconnaissance envers la Serbie, ce grain de sable dans la machinerie guerrière hitlérienne au printemps 1941. Non, rien que la n-ième pitrerie du cancre Cohn-Bendit déclarant que la guerre du Kosovo était la “guerre d’unification de l’Europe”. Alors qu’elle était le signe que son agonie avait commencé. 
  4. Au moment où se déroulaient les guerres de Yougoslavie, la Russie sortait trop affaiblie du communisme pour pouvoir participer à un règlement du conflit. A partir de l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, la Russie a refait ses forces. Toute l’Europe aurait dû s’en réjouir. En particulier parce qu’un nouveau rayonnement russe permettait de contrebalancer l’influence américaine. Mais ce qui l’a emporté, c’est une russophobie de plus en plus affirmée, qui culmine avec l’attitude de nos pays dans la guerre d’Ukraine. Rien ne montre de façon plus terrible la mort de l’esprit européen. 

 

Cette visite de réconciliation qu’Helmut Kohl n’a pas faite à Saint Pétersbourg pour honorer les victimes du siège de Leningrad

L’Allemagne avait marqué, par la visite d’Adenauer à Reims, sa volonté de retrouver une vision “carolingienne” – composante indéniable de l’identité européenne. Lorsque Willy Brandt s’est agenouillé au ghetto de Varsovie, il a approfondi la réconciliation de l’Allemagne avec son héritage européen: les Juifs n’ont-ils pas joué un rôle essentiel dans l’essor de l’Europe à partir du XVIIIè siècle. Et, plus profondément, notre civilisation européenne n’est-elle pas la recherche permanente d’un point d’équilibre entre les héritages de Jérusalem, d’Athènes et de Rome? Quelques années avant Brandt, les évêques catholiques allemands avaient demandé pardon à leurs frères polonais  pour les crimes allemands en Pologne. 

Après ces gestes magnifiques, il en restait un à accomplir. Il n’est jamais venu.

Imaginez ce qu’aurait signifié une visite commune d’Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev à Saint Pétersbourg, pour honorer la mémoire des victimes soviétiques du siège de Leningrad – l’un des épisodes les plus atroces de la guerre d’extermination  déclenchée par l’Allemagne nazie contre la Russie et les autres peuples d’URSS. Après un tel geste, “la Maison Commune européenne” aurait été définitivement refondée.

Au récit simpliste d’une victoire américaine dans la Guerre froide se serait substitué celui d’une renaissance de l’Europe. 

Helmut Kohl n’avait pas assez d’imagination pour un tel geste. Et sa société ne l’y a pas poussé. Et pourtant tout aurait dû y pousser les Allemands, de l’admiration réciproque des deux cultures l’une pour l’autre à la vieille sagesse diplomatique de Bismarck, Stresemann et Brandt, qui savaient que tant que l’Allemagne et la Russie s’entendent, échangent leurs ingénieurs, coopèrent dans la vie de l’esprit, l’Europe est en paix. 

 

Requiem pour l’Europe

Il n’y a pas d’Europe sans la Russie. Or l’Union Européenne actuelle s’évertue à couper tous les liens avec la Russie. Nos médias, nos dirigeants se lancent dans des rondes puériles et endiablées en hurlant des slogans russophobes tandis que nos industriels déplorent la destruction consécutive de notre prospérité mais sans avoir le courage de s’y opposer. Le comble du grotesque est atteint quand on met une étiquette “ukrainien” sur un concert de Tchaïkovski ou quand on veut débaptiser un lycée Soljenitsyne. 

La Russie se tourne de plus en plus vers l’Asie et l’Afrique. Voulons-nous la sanctionner encore et encore? Elle ira jusqu’au bout, mettra fin à ce qui la reliait encore à nous en termes de dépendance technologique, d’échanges académiques, de liens culturels. Et notre Europe-croupion, qui ne sera bientôt plus qu’un beau musée, régulièrement tagué par des hordes de racailles, notre Europe sans influence sur le présent et l’avenir du monde, vivra comme un zombie, sans savoir ce qu’elle a perdu. 

L’Europe est morte. On ne peut que la pleurer en évoquant tant de grandeurs et d’obstacles surmontés. Requiem pour une civilisation défunte. 

 

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