mercredi 7 décembre 2022

L'enjeu principal, par Pierre Brochand ancien ambassadeur de France



 Texte capital :

Pierre Brochand (ex-DGSE) : « L’immigration est l’enjeu central de notre vie publique »
7 décembre 2022   

Le 15 novembre, l’ancien patron des services secrets et ambassadeur a prononcé un discours sur l’immigration à l’Amicale gaulliste du Sénat. Un texte exceptionnel que Le Figaro s’est procuré. Pierre Brochand y résume tous les enjeux que fait peser une immigration incontrôlée et propose des solutions.

Pierre Brochand a été directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, ainsi qu’ambassadeur de France, notamment, en Hongrie et en Israël. Il est intervenu lors d’un colloque de la Fondation Res Publica sur le thème: «Pour une véritable politique de l’immigration».

AMICALE GAULLISTE DU SÉNAT

Intervention de Monsieur Pierre Brochand, Ambassadeur de France

15 novembre 2022-Salons de Boffrand de la Présidence du Sénat

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de l’Amicale gaulliste,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Je vous remercie de votre invitation. Elle est un grand honneur, pour quelqu’un qui a commencé à servir la France sous le Général de Gaulle et en garde, évidemment, une admiration inconditionnelle.

Vous m’avez demandé de parler d’immigration et j’ai suggéré qu’on ajoute « enjeu central ». J’aurais pu aussi bien proposer « enjeu principal ».

Pour deux raisons :

    D’un côté, j’estime que, de tous les défis qu’affronte notre pays, l’immigration est le seul qui menace la paix civile et, à ce titre, j’y vois un préalable à tous les autres.

    D’un autre côté, l’immigration exerce sur l’ensemble de notre vie collective un impact transversal, que je tiens pour globalement négatif.

Mais, faute de temps, je négligerai ce second aspect, qui se traduit concrètement par une tiers-mondisation rampante de la société française et sa régression continue dans des domaines clés, tels que l’éducation, la productivité, les services publics, la sécurité, la civilité, etc.

En d’autres termes, si tout ce qui va mal en France n’est pas la faute de l’immigration, loin s’en faut, elle y participe dans une mesure, à mon avis, très sous-estimée.

Quels sont ces enseignements ou ces vérités pas toujours bonnes à dire ?

D’abord, que le réel du monde n’est ni joli, ni joyeux, et qu’il est suicidaire de l’insulter, car, tel un boomerang, il se venge au centuple. Ensuite, que, dans l’action, le pire des péchés est de prendre ses désirs pour des réalités. Que, si le pire n’est pas toujours sûr, il vaut mieux le prévoir pour le prévenir. Que les sociétés « multi » sont toutes vouées à se déchirer. Que nous ne sommes pas plus « malins » que les Libanais ou les Yougoslaves, pour faire « vivre ensemble » des gens qui ne le souhaitent pas.

Et, enfin surtout, que, dans les relations entre groupes humains, personne ne fait de cadeaux à personne, que les conseilleurs – fussent-ils le New York Times ou SOS Méditerranée – ne sont jamais les payeurs et que, si nous ne prenons pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le fera à notre place.

Deux indications complémentaires :

Je ne m’embourberai pas dans les chiffres. Car, avec près d’un demi-million d’entrées annuelles et un taux de 40% d’enfants de 0 à 4 ans d’origine immigrée, la cause me paraît entendue sur ce plan.

Ceci posé, je diviserai mon intervention en trois parties :

    D’où venons-nous ?

    Où en sommes-nous ?

    Où allons-nous ?

    D’où venons-nous, ou, si l’on préfère, de quelle immigration est-il question ?

Commençons par tordre le cou au « canard », selon lequel la France aurait toujours été un pays d’immigration. Pendant 1000 ans, des Carolingiens à Napoléon III, rien ne s’est produit.

Depuis 1850, en revanche, nous avons connu trois vagues :

    La première a duré un siècle. D’origine euro-chrétienne, discrète, laborieuse, reconnaissante, régulée par l’économique et le politique, elle a représenté un modèle indépassable de fusion réussie.

    La deuxième a commencé dans les années 1970 et n’a fait que s’amplifier depuis. Elle est l’exact contraire de la première.

C’est une immigration de peuplement irréversible, qui n’est calibrée ni par l’emploi, ni par le politique, mais engendrée par des droits individuels, soumis au seul juge national ou supranational. Nous sommes, donc, submergés par des flux en pilotage automatique, « en roue libre », dont les Français n’ont jamais explicitement décidé.

Mais, surtout, l’écart identitaire qui nous sépare des arrivants n’a aucun équivalent dans notre Histoire.

Tous viennent du «tiers-monde», de sociétés hautement défaillantes, et la majorité est de religion musulmane, ainsi qu’originaire de nos anciennes colonies. De plus, tous sont, comme on le dit aujourd’hui, « racisés ».

    La troisième lame a été déclenchée, il y a 10 ans, par le soi-disant « Printemps arabe », dont elle est une des conséquences néfastes. C’est pourquoi elle a d’abord pris la forme d’une crise d’urgence, rapidement devenue permanente, sous l’impulsion d’un nouveau dévoiement du droit, cette fois le droit d’asile, au besoin conforté par le droit de la mer et celui des mineurs.

    Où en sommes-nous ou « l’état des lieux » ?

Comme pour tout phénomène social, je vais, d’abord essayer d’en prendre une photographie, avant d’en dérouler la dynamique.

On n’a pas compris grand-chose à l’immigration actuelle si l’on n’a pas perçu d’emblée qu’elle était virtuellement conflictuelle, que ces conflits n’étaient pas quantitatifs mais qualitatifs – donc insolubles – et qu’ils s’inscrivaient, in fine, dans le très douloureux retour de bâton anti-occidental, déclenché par la globalisation.

En feignant d’ignorer ce déterminisme, nous avons été assez fous pour réinjecter chez nous les ingrédients des trois tragédies qui ont causé nos pires malheurs dans le passé :

    La discorde religieuse, théoriquement enterrée en 1905

    L’antagonisme colonial, en principe clos en 1962

    Le fléau du racialisme, dont nous pensions être libérés depuis 1945.

S’agissant du religieux, c’est-à-dire l’islam, aucune « méthode Coué » ne me convaincra que cette confession, entièrement et fraîchement importée par l’immigration, ait pu soudain se transformer en homologue du christianisme, enraciné chez nous il y a quinze siècles et depuis longtemps domestiqué par une laïcité, taillée à sa mesure.

D’une part, en tant que croyance, l’islam est une religion « à l’ancienne », un bloc d’hétéronomie, un code englobant de pratiques ostensibles, un pavé de certitudes communautaires, brutalement tombé du ciel dans la mare d’une société post-moderne, qui ne croyant plus à rien, est complètement prise à contrepied par cette effraction foudroyante (il y a aujourd’hui, en France, 25 fois plus de musulmans que dans les années 1960).

D’autre part, en tant que civilisation totale, fière, guerrière, offensive, militante, l’Islam a très mal vécu son humiliation par l’Occident depuis deux siècles. Dès que la globalisation lui en a offert l’opportunité, il s’est réveillé tel un volcan.

De cette éruption, nous connaissons les manifestations : djihadisme, salafisme, islamisme, réislamisation culturelle. Tous symptômes désormais présents sur notre sol, comme autant d’expressions crisogènes de l’insatisfaction d’un agent historique « anti-statu quo », qui aspire à l’hégémonie là où il est présent, et, quand il y parvient, ne partage pas notre déférence pour les minorités.

C’est pourquoi, il faut avoir une « cervelle de colibri » – de Gaulle dixit – pour oublier que musulmans et européens n’ont cessé de se disputer, depuis 13 siècles, le contrôle des rives Nord et Sud de la Méditerranée et il faut être bien naïf pour ne pas percevoir, dans les courants de population d’aujourd’hui, une résurgence de cette rivalité millénaire, qui, il convient de le rappeler, a toujours mal fini.

Si, pour sa part, l’antagonisme colonial ne s’est pas estompé 60 ans après, c’est que, là aussi, nous avons été assez stupides pour imaginer, qu’en reconstituant, sous le même toit métropolitain, le face-à-face de gens qui venaient de divorcer outre-mer, on parviendrait à les rabibocher. Erreur fatale, car pas plus que les croyances, certaines mémoires ne sont conciliables.

D’où le fait, jamais vu nulle part, d’une immigration à tendance victimaire et revendicative, portée autant au ressentiment qu’à l’ingratitude et qui, consciemment ou non, se présente en créancière d’un passé qui ne passe pas.

Quant au clivage racial, il tient à la visibilité des nouveaux venus dans l’espace public, elle aussi sans antécédent. Ce qui conduit, hélas, à instiller dans les esprits, « à notre insu, de notre plein gré », une grille de lecture ethnique des rapports sociaux, où, par contamination, chacun finit par être jugé sur sa mine. Ce qui conduit aussi, deux fois hélas, à inoculer chez nous le virus mortel du modèle américain et, pire encore, de son hystérisation wokiste. Glissement ô combien frauduleux et scandaleux, puisqu’il donne à penser à nos immigrés qu’ils sont, eux aussi, des descendants d’esclaves. De là, ce que l’on pourrait appeler le « syndrome Traoré », dont il ne faut surtout pas minimiser les ravages.

Mais, non contents d’avoir ranimé ces trois incendies mal éteints (religieux, colonial, racial), nous avons réussi l’exploit d’en allumer trois nouveaux, inconnus de notre histoire récente :

    Le premier tient à l’intrusion incongrue de mœurs communautaires d’un autre temps, héritées des pays d’origine et perpendiculaires à notre mode de vie : primauté des liens de sang, système de parenté patrilinéaire, contrôle des femmes, surveillance sociale de la sexualité, endogamie, culture de l’honneur et ses corollaires (justice privée, loi du talion, omerta), hypertrophie de l’amour-propre, inaptitude à l’autocritique. Sans oublier polygamie, excision, voire sorcellerie, etc.

    Autre dissension inouïe : l’alter nationalisme des arrivants, qui à la différence de leurs prédécesseurs, entendent conserver la nationalité juridique et affective de la patrie d’origine, très largement mythifiée. Avec tous les dégâts que peut causer cette dissociation rare entre passeport et allégeance. Souvenons-nous, tous les jours, du coup de tonnerre fondateur que fut le match de football France/Algérie en 2001, tristement révélateur de l’émergence surréaliste de « français anti-français ».

    Enfin, « cerise sur le gâteau », ces communautés venues d’ailleurs n’ont pas seulement des contentieux avec la France, mais aussi entre elles : maghrébins/sub-sahariens ; algériens/marocains ; turcs/kurdes et arméniens ; afghans, tchétchènes, soudanais, érythréens, somaliens, pakistanais, prêts à en découdre, chacun de leur côté ; roms rejetés par tous. Sans omettre l’effrayant parachutage d’un antisémitisme de type oriental. Ainsi, sorte de « cadeau bonus », nous assistons au spectacle peu commun d’un territoire, transformé en champ clos de toutes les querelles de la planète, qui ne nous concernent pas.

Voilà pour la photo, pas très réjouissante, je le reconnais. J’en viens à la « dynamique », qui ne l’est guère davantage.

Elle se résume à trois théorèmes très simples :

Un. Les courants d’immigration sont cumulatifs. Aux effets de flux s’ajoutent des effets de stock, qui à leur tour, génèrent de nouveaux flux.

Deux. Ces courants obéissent aussi à des effets de seuil. Au-delà d’un certain volume, ils changent de nature et de signe. D’éventuellement positifs, ils passent à négatifs.

Trois. Ce seuil de saturation est d’autant plus vite atteint que le fossé entre société de départ et d’arrivée est profond.

Tentons d’appliquer ces formules dans le concret. Quand un groupe humain projette d’emménager chez un autre, il n’y a que cinq possibilités :

    (1) L’interdiction

    (2) L’absorption

    (3) La négociation

    (4) La séparation

    (5) L’affrontement

L’interdiction est tout simplement la mise en œuvre du « principe de précaution », que l’on invoque, à satiété, dans quasiment tous les domaines. Sauf apparemment celui de l’immigration, où il aurait pourtant consisté à bâtir une digue avant que n’arrive le tsunami. Autant dire qu’un projet aussi volontariste ne nous a même pas traversé l’esprit.

L’absorption ou assimilation, par ralliement asymétrique et sans retour à la culture d’accueil, fut longtemps notre paradigme. Nous l’avons abandonné en rase campagne, par renoncement à nous-mêmes, mais aussi par nécessité, car les volumes que nous avons admis ont très vite excédé ce seuil très exigeant.

C’est pourquoi, nous avons cru pouvoir nous rabattre sur l’option 3.*

La négociation ou l’intégration est, en effet, une position intermédiaire, où chacun fait un pas vers l’autre, mais où les immigrés gardent leur quant à soi : un pied dedans, un pied dehors. En bref, un compromis qui n’efface pas les divisions, mais espère les transcender par accord tacite sur une plateforme minimale : le respect des lois et l’accès à l’emploi.

Cependant, en pratique, il s’avère que le plus gros des efforts est à la charge du groupe qui reçoit – c’est-à-dire nous -, aussi bien en termes financiers (politique de la ville, protection sociale), que de dérogations à nos principes (discrimination positive, mixité imposée, quotas).

Au final, certes, les intégrés sont plus nombreux que les assimilés, car le seuil de tolérance est plus élevé dans leur cas. Pour autant, ils ne sont pas majoritaires et je crains, surtout, que le contrat implicite, passé avec eux, ne soit qu’un CDD, susceptible de ne pas être renouvelé à échéance, si les circonstances changent et, notamment, si les immigrés et descendants franchissent – ce qui est inéluctable en prolongeant les tendances actuelles – la barre des 50% de la population.

Ainsi, ces résultats, pour le moins mitigés et ambigus, ont ouvert un boulevard à l’option 4 : la séparation, qui, dans les faits, est la preuve par neuf de l’échec des trois précédentes. Car, au fond, le scénario sécessionniste est la pente la plus naturelle d’une société « multi ».

Quand des groupes répugnent à vivre ensemble, ils votent avec leurs pieds, se fuient, se recroquevillent, comme autant de répliques du séisme initial qu’est la migration. Se constituent, alors, ce qu’on appelle des diasporas, soit des noyaux durs introvertis, formés de populations extra-européennes, ni assimilées, ni intégrées et à tendance non coopérative.

Ces isolats territoriaux vont inéluctablement développer une double logique de partition et d’accélération.

Partition, par inversion de la pression sociale, dans le sens de la conservation et de la transmission des codes culturels d’origine, y compris – ce qui est stupéfiant – à travers la réislamisation des jeunes. Soit une espèce de contre-colonisation, par le bas, qui ne dit pas son nom.

Accélération, car les diasporas, dont le taux d’accroissement naturel est déjà très supérieur à la moyenne nationale, deviennent, à leur tour, génératrices d’immigration par aspiration juridique et aide à l’accueil.

D’où, en fin de compte, deux évolutions effarantes, là encore, jamais observées :

    Une immigration, qui diverge au fil des générations

    Une immigration, qui s’autoproduit en boule de neige

De sorte qu’entre cet « archipel » et le reste du pays, s’effondre la confiance sociale, fondement même des sociétés heureuses. Là où la défiance devient système, ne tarde pas à disparaître l’altruisme au-delà des liens de parenté, c’est-à-dire la solidarité nationale. À commencer par son navire amiral : l’État providence, dont la perpétuation exige un minimum d’empathie entre cotisants et bénéficiaires. L’économiste Milton Friedman avait coutume de dire, à mon avis fort justement, que l’État providence n’était pas compatible avec la libre circulation des individus.

Or, face à ces micro-contre-sociétés, nous sommes comme tétanisés. Nous y repérons, non sans raison, autant de cocottes-minute, dont nous redoutons avant tout qu’elles n’explosent en même temps. Et pour l’éviter, nous sommes prêts à passer du compromis aux compromissions, en surenchérissant sur les concessions déjà consenties pour promouvoir l’intégration. C’est ce que l’on appelle, par antiphrase, les « accommodements raisonnables », lesquels ne sont rien d’autre que des reniements en matière de liberté d’expression, de justice pénale, d’ordre public, de fraude sociale et de laïcité ou sous forme de clientélisme subventionné.

Tous ces arrangements au quotidien ont beau se multiplier, ils ne suffisent pas à acheter la paix sociale et c’est alors que « ce qui doit arriver arrive » : quand plusieurs pouvoirs sont en concurrence ouverte, sur un même espace, pour y obtenir le monopole de la violence mais aussi des cœurs et des esprits, c’est le 5e cas de figure qui se réalise.

L’affrontement. Ce que l’on désigne pudiquement par l’expression « violences urbaines » et dont on connaît bien la gamme ascendante.

Au plus bas, les incivilités courantes qui, parce qu’impunies, incitent à aller plus loin. Un cran au-dessus, une surdélinquance, vécue in petto, comme une juste compensation. Puis, des manifestations de protestations ou même de célébrations, qui s’achèvent en razzia ou en vandalisme. Un degré plus haut, des émeutes qui s’en prennent à tout ce qui incarne la France, y compris pompiers et médecins. Émeutes qui dégénèrent désormais en guérillas de basse intensité, sorte d’intifada à la française ou de « remake » en mineur des guerres coloniales. Avec comme point culminant de ce continuum, le terrorisme djihadiste, dont notre pays est la principale cible en Europe.

Au vu de ce bilan, mon sentiment est que, si nous restons les bras croisés, nous allons au-devant de grandes infortunes et de terribles déconvenues.

3- Où allons-nous ? Que faire ?

Il y a deux préconditions à l’action : la transparence statistique et le rejet du discours intimidant.

Si l’on veut s’attaquer à un problème, il est indispensable d’en cerner la dimension réelle. Or l’appareil statistique, centré sur le critère de la nationalité, ne permet pas d’évaluer toutes les répercussions d’un phénomène qui lui échappe largement. C’est pourquoi, il est impératif de nous orienter vers des statistiques et projections dites «ethniques», dont l’interdiction n’est qu’une hypocrisie et une coupable préférence pour l’ignorance, donc le statu quo.

Quant au discours intimidant, c’est l’incroyable prêchi-prêcha que nous servent les médias, les ONG, les « people », et dont la seule finalité est d’organiser l’impuissance publique.

Ces éléments de langage, que l’on nomme à tort « État de droit », ne sont, à mes yeux, que le reflet d’une idéologie qui, à l’instar de toutes les idéologies, n’a rien de sacré. À ceci près qu’elle est dominante depuis 50 ans.

Son dogme central, nous le savons tous, est de faire prévaloir, partout et toujours, les droits individuels et universels d’êtres humains présumés interchangeables, amovibles à volonté, dans un monde sans frontières, où tout serait parfait, sans l’obstacle anachronique de l’État national, « ce pelé, ce galeux d’où vient tout le mal », car seul théoriquement capable de dire non à cette chienlit. Raison pour laquelle on s’est très soigneusement employé à le rééduquer, en l’amputant de ses bras régaliens pour le conformer au nouvel idéal : laisser aller, laisser courir, laisser tomber.

Le plus grave est que cette utopie ne se préserve des assauts du réel qu’en usant d’un moyen méprisable : le chantage. Le chantage au racisme, qui, à coups de fatwas, promet la mort sociale à tous ceux qui s’aviseraient de sortir la tête de la tranchée. Or, cette doxa, en forme de conte de fées, il ne faut pas craindre de proclamer qu’elle est fausse et incohérente.

Fausse, car, s’il est vrai que les immigrés entrent comme des individus, il est non moins effectif qu’ils s’implantent comme des peuples. Et c’est précisément cette évidence limpide que le narratif officiel nous interdit de voir.

Incohérente, car ladite doxa ne cesse de se contredire. On nous raconte simultanément que l’immigration n’existe pas, qu’elle existe et que c’est une bénédiction, qu’elle a toujours existé et que c’est une fatalité, que l’accueillir est un devoir moral, mais qu’elle va payer nos retraites et pourvoir aux emplois dont les Français ne veulent pas, que si elle cause la moindre difficulté, c’est parce qu’elle est mal répartie dans l’espace ou que l’on n’y consacre pas assez de moyens budgétaires, car ce n’est qu’un problème de pauvreté, d’urbanisme ou, au pire, d’immigration irrégulière.

Mais, en bout de course, on finit toujours par se heurter au même argument massue : « ne mettez pas d’huile sur le feu, car vous faites le jeu d’un tel ou d’un tel ». Argument qui est, sans doute, le plus extravagant de tous, en ce qu’il reconnaît qu’il y a bien un incendie en cours, mais qu’il est préférable de le taire pour des raisons qui n’ont rien à voir.

Rendus à un tel niveau d’absurdité, nous nous retrouvons face à une trifurcation :

    Soit on prend au sérieux ces fariboles et on laisse tout filer : on roule vers l’abîme, en appuyant sur l’accélérateur,

    Soit on reste benoîtement dans les clous et on se borne à accompagner le phénomène, en votant, tous les 3 ou 4 ans, des lois qui font semblant de traiter de l’immigration, mais qui, en fait, relèvent de sa gestion administrative et technocratique. Ce n’est que reculer pour mieux sauter,

    Soit on réussit à se dépêtrer de notre camisole et à reprendre, en faisant enfin preuve de volonté politique, le volant du camion fou qui roule tout seul depuis 50 ans.

Vous avez deviné que mon choix est évidemment le dernier. Mais plus précisément ?

L’immigration – il est facile de le comprendre – fonctionne comme une pompe qui refoule d’un lieu et aspire vers un autre. Nous ne pouvons rien, ou presque, pour empêcher le départ. Nous pouvons tout, ou presque, pour décourager l’arrivée.

D’où 6 grands axes :

Envoyer, urbi et orbi, le message que le vent a tourné à 180°, en s’attaquant bille en tête à l’immigration légale, qu’il convient de diviser au moins par 10.

Trancher à la même hauteur l’accès à la nationalité, qui doit cesser d’être automatique.

Contenir l’immigration irrégulière, en divisant par 20 ou 30 les visas, y compris étudiants, accordés aux pays à risques, en n’acceptant plus aucune demande d’asile sur notre territoire, en abolissant toutes les récompenses à la tricherie (aide médicale d’Etat, hébergement, régularisations, débarquement de navires « sauveteurs »).

Atténuer l’attractivité sociale de la France, en supprimant toutes les prestations non contributives aux étrangers, HLM compris, et en limitant à 3 enfants, par famille française, des allocations familiales, revalorisées sans conditions de revenus.

Dégonfler les diasporas, en réduisant les types, durées et nombres de titres de séjour et en excluant les renouvellements quasi-automatiques.

Muscler notre laïcité « chrétienne » pour l’adapter au défi très différent de l’islam, en ne neutralisant plus seulement l’Etat et l’école, mais aussi l’espace public, les universités et le monde de l’entreprise.

Si ces propositions s’inscrivent dans le cadre du droit existant, tant mieux, sinon il faudra le changer, quel qu’en soit le prix. Car le retournement proposé relevant désormais du salut public, sa férocité n’est que la contrepartie du temps perdu.

Je viens de vous présenter un diagnostic. À savoir que, si nous persistons dans notre aveuglement, nous allons vers un pays, où, a minima et par implosion lente, la vie ne vaudra plus la peine d’être vécue, ou, a maxima, vers un pays, où, à force d’explosions, on ne pourra plus vivre du tout.

On peut ne pas partager cette évaluation et, dans ce cas, j’aurais parlé pour ne rien dire. Mais on peut aussi y adhérer et, dans ce cas, les mesures avancées sont notre dernière chance.

J’ai conscience de ce que certains d’entre vous ont pu me trouver excessif, alarmiste, irréaliste, sans nuance, ni générosité, que sais-je encore.

Je vous accorderai volontiers deux autres défauts. D’une part, mon caractère peut être qualifié d’obstiné, en ce que je n’accepterai jamais d’affirmer qu’il fait nuit en plein jour. D’autre part, c’est vrai, je suis obsédé, mais mon obsession est uniquement tournée vers la France qui vient, à échéances de 10, 20, 30 ou 40 ans : celle de nos enfants et petits-enfants, auxquels notre devoir élémentaire est de ne pas léguer un pays chaotique, alors que nous l’avons reçu de nos aînés comme un cadeau magnifique.

Ultime question, dont je suppose que nous nous la posons tous, de temps à autre : que ferait le Général de Gaulle, dans le monde si différent d’aujourd’hui ?

Nul ne le sait, mais je suis personnellement convaincu de deux choses : s’il avait été au pouvoir au cours du dernier demi-siècle, il ne nous aurait jamais mis dans le pétrin que j’ai décrit ce soir et s’il ressuscitait, je redoute qu’il ne me prenne pour un modéré bien timoré.

Le Figaro

32 commentaires:

  1. Un énième constat pour rien. Car cette immigration est voulue, incitée, orchestrée (cf. discours récent de Darmanin) . Que ce monsieur redécouvre l'eau chaude laisse songeur quant à la clairvoyance et l'efficacité de la DGSE.

    Le Page.

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    1. Vous le trouvez trop tiède ce redécouvreur de l'eau chaude ? Prenez en considération que c'est une communication au Sénat - brûlant cénacle révolutionnaire bien connu - auquel est destiné un constat aux contours certes connus mais ramassé dans une jolie synthèse pour "decision makers". Les 6 grands axes d'action sont nets et tranchés. Sa préventive autocritique en modération timorée est habile en ce cénacle gaullien.

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    2. PS vous ne pouvez pas à la fois dire que c'est une politique voulue, incitée, orchestrée et reprocher à un service de l'Etat de manquer d'efficacité. Les résultats explosent même les objectifs de cette politique voulue, non ?

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  2. Merci Fredi ! J'avais entendu parler de ce texte, comme tout le monde sans doute, mais n'avais pas eu l'occasion de le lire en entier.
    Je dirais que la première chose à faire - et ce n'est pas très clair dans le texte - serait de supprimer le droit du sol. Et la deuxième chose serait de supprimer la double nationalité (même intra-européenne).
    C'est une ancienne immigrée qui vous le dit (je me suis reconnue dans l'immigration qui "avait duré un siècle depuis 1850", un vrai coup de chance puisque je suis arrivée en France en 1946) qui a longtemps eu la nationalité suisse, puis la double nationalité suisse et française, et enfin qui n'a plus que la nationalité française.
    Encore une petite chose, pour le fun (oh pardon ! pour l'amusement) je crois que l'expression exacte est : "à l'insu de notre plein gré" !

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    1. "je crois que l'expression exacte est : "à l'insu de notre plein gré" !"

      Allons, c'est un tropisme alpin qui vous égare...

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  3. Je ne dirai qu'un mot "Alléluia".

    ...petite plante de la famille des Oxalidacées au goût acide, fournissant le sel d'oseille et fleurissant vers Pâques quand chante le coucou dans les bois humides. (dite aussi oseille-de-bois, pain-coucou, surelle...)

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    1. Heureusement qu'il reste les blogs pour la culture et l'action radicale...

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  4. @tous :
    Je trouve que ce genre de message devrait être adressé plus souvent à la classe politique roupillante...

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    1. Vous pensez que la classe politique (roupillante, somnolente ou bien réveillée) n'est pas au courant de la situation ici décrite ?
      Je ne sais pas ce qui est préférable, qu'elle ne sachions pas ou qu'elle faisait semblant de ne pas savoir...

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    2. Ce que je veux dire c'est qu'il est bon de temps en temps que quelqu'un leur mette le nez dans leur caca...

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    3. bedeau a raison, Fredi, arrêtez de faire l'enfant et d'appeler "classe politique" cette bande de traîtres à la nation !

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    4. L'un n'empêche pas l'autre... 🙄

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    5. On sent bien, d'ailleurs, un léger frémissement à la baisse dans l'activité des organisateurs de croisière trans-méditerranéenne...

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  5. Si je comprends bien Milfred, Bedeau et Le Page, ce genre de discours au sénat n'a guère plus d'influence qu'un pet sur une toile cirée. Alors quelle alternative? La guerre civile là tout de suite? Une rafale à la sortie du conseil des ministres? Un drone mortel sur la résidence de la Lanterne un dimanche soir? Une grenade de RPG-7 sur la tronche de Mélenchon? Ou alors le combat politique qui se gagne pas à pas et à coup d'escarmouches comme celle que vient de réaliser P. Brochand pour qu'un jour une majorité de patriotes émerge d'une élection nationale.
    Je crains que seule cette deuxième option, qui a certes moins de panache, peut parvenir à retourner la situation. Et la situation n'est pas si désespérée. Bedeau lui-même voit un frémissement à la baisse des croisières transméditerranéennes, d'autres ont remarqué un changement politique en Italie ou en Suède. Une majorité d'actionnaires pense que le wokisme et autres conneries qui font perdre du fric chez Mickey, c'est terminé. Moi-même, je n'avais pas parié que la candidate du RN fasse 42% au second tour en juin dernier, mais les classes populaires, qui commencent à en avoir marre de ce cirque immigrationniste, ont su se mobiliser pour elle.
    Si seulement, Jacques Etienne pouvait réouvrir les commentaires de son blog, je crois que nous aurions alors tous les moyens pour gagner rapidement la bataille des idées, bouter les bateaux de vikings hors du royaume, remettre en marche deux trois trucs comme les hôpitaux, les écoles, les tribunaux et les usines qui fument et fêter cette reprise à grand renfort de beaujolais et de charcuterie.

    La Dive

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    1. La Dive,
      Difficile de voir une porte de sortie dans tout ce gloubi-boulga organisé par la Caste: guerres, pandémies, climat, propagandes, manipulations, théories démentielles...le tout administré à dose mesurée de telle sorte que la populace demeure figée dans son individualisme et ne puisse en aucun cas s'amalgamer contre elle.
      Vous semblez encore croire à la démocratie, qu'un vote pourrait changer le monde, mais regardez là notre démocratie: un dictateur en herbe qui joue du 49.3 à répétition, que 80% des Français rejettent au premier tour, une majorité à l'assemblée qui a recueilli 11.5% des voix, une assemblée qui elle a obtenu moins de 43% des votes. Alors bien sûr on peut toujours dire que c'est la faute des électeurs, mais ils ont tout essayé les pauvres: la gauche, la droite, puis re- la gauche, et enfin le gérontophile ambigu - bizarrement épargné par les comiques à la dent dure quand il s'agit de "fascistes"-
      Donc une démocratie représentative qui représente tout le monde sauf le peuple: des Godillots, des NUPES leurres - en fait pro-Macron-, des LR qui prêts à le rejoindre et un RN bien discret.
      Ensuite, le Sénat, salle d'engraissage -voir son président-, le conseil d'Etat et la justice, nomination des copains qui pensent bien, le conseil constitutionnel...et pour finir les instances européennes qui suivent le programme en ignorant la populace.
      Je voudrais bien être optimisme, mais c'est vraiment difficile.
      Le Page.

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    2. Ne manque à votre description de notre démocratie, Le Page, que d'évoquer pour l'analyser ce CNR (Conseil National de la Refondation) qui rend obsolète et inutile notre Assemblée Nationale réduite à n'être que le dernier spectacle où on peut encore avoir le plaisir de voir des clowns se balancer des gros mots.
      Alors, la porte de sortie, quoi que vous en disiez, sera vite trouvée, et beaucoup rêvent déjà que Macron sera sacré Empereur d'Europe. Demandez à Bernard Arnault ce qu'il en pense !

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    3. Je m'étonne effectivement que Brochand n'ait pas inscrit en 7ème axe d'action la réouverture des commentaires chez JE. Il me semble cependant que le frémissement vu par bedeau chez les croisiéristes de Méditerranée n'aura pas manqué de le faire sourire... comme tout le monde j'espère... mais j'en viens à douter...

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    4. Connaissant un peu bedeau, je suppose qu'il ironisait un petit chouïa en prétendant avoir ressenti "un frémissement à la baisse des croisières transméditerranéennes"... Une brève googlenidade le démentirait sur le champ.
      Par contre, ne connaissant pas bien Henri, j'admire néanmoins son humour quand il supposet que si on pouvait à nouveau commenter chez Jacques Etienne (dont j'adore l'humour froid) ses articles sur la rénovation de sa salle de bain ou de sa cuisine ou ses (appétissantes) recettes de charcuterie maison on gagnerait la bataille des zidées...

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  6. C'est vrai que sans JE nous n'y arriverons pas... 😀

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    1. Je pense que, secrètement, il est en train de nous concocter un LRAC (Lance Roquette Anti Char -à défaut utiliser de la laitue voire des courgettes) en tube PVC de 100.

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  7. Bah ! Encore deux petits matches de foot et ce sera le retour des chances pour la France.

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    1. Très regardée cette coupe du monde a'c'qu'on dit...

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    2. Parce que les chances étaient parties ? Je ne m'en étais pas aperçue !
      Quant aux matches, je ne les regarde pas mais je dois avouer que je m'intéresse à certains résultats !
      Bon dimanche à tous, et particulièrement à vous Fredi, sans oublier le fleuron incontestable de ce blog !

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    3. Bon dimanche à vous aussi Mildred !

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    4. Le retour dans les bavardages médiatico-politiques s'entend... mais je sais que vous n'êtes pas sourde. J'en profite pour souhaiter aux liseurs de ce blog un Noël paisible, baigné par la spiritualité de l'espérance ou la nostalgie de notre enfance française ou la paix du renoncement. Il va être temps de se consacrer à l'accueil des petits enfants, à la confection des "bredele", à la préparation de divers mets dans le merveilleux parfum des oranges et de la canelle. Il tombe quelques flocons.

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    5. Je crains, mon cher Léon que vous ne soyez encore à côté de la plaque.
      La mère de mes petits-enfants se pointe chez moi le téléphone à l'oreille. C'est mon petit-fils Gaspard qui l'appelle. http://corto74.blogspot.com/search?q=gaspard+et+les+japonaises
      "Demande lui donc, que j'y dis, s'il se souvient qu'il a une grand-mère ?
      - Il demande : une quoi ? qu'elle me répond !"
      J'adore le sens de l'humour de Gaspard.

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    6. Ah ça c'est amusant !
      Quand je vous dis que vous devriez ouvrir un blog ! Remarquez si vous le souhaitez, et si vous en avez d'autres du même tonneau, je peux les publier ici. Ça me fera des vacances et ce blog sera toujours alimenté ! 😊😉

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    7. Je me situe assez peu par rapport à une plaque quelconque, chère 祖母 de Gaspard. A côté me convient donc.

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  8. @ Léon : le ballon d'Alsace blanchit ?

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    1. D'où je réside en hiver, on aperçoit certains jours particulièrement limpides la ligne devenue blanche des hautes Vosges. Google me dit qu'il y a 3 cm au sommet du Grand Ballon. Ma baie vitrée me dit que mon monde perçu s'est recroquevillé à quelques 300 mètres. Avec une bibliothèque et des congélateurs garnis, un poêle qui fait la nique aux 19° de Macron, ça fait un univers bien trop vaste encore.

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Lâchez-vous ! Mais en gens bien élevés tout de même...