jeudi 24 novembre 2022

Corrida

 

                                                                                     Corrida portugaise

                                                                    

 

La seule corrida à laquelle j'ai pu assister un jour, c'était dans les arènes de Nazaré, Portugal, pays où il n'y a pas de mise à mort du taureau. Le spectacle ressemble plus à une valse entre le toréro et l'animal, et vous pouvez y emmener les gosses qui ne risquent pas d'en sortir traumatisés (mais un accident est toujours possible).

Je suis bien évidemment contre l'interdiction de nos corridas telles qu'elles se pratiquent encore dans le sud de la France. Je suis contre l'interdiction par principe, même si je ne mettrai jamais les pieds dans les arènes de Nîmes ou Arles où elles se déroulent du printemps à l'automne. Cette tradition locale (importée) attire encore un public d’aficionados dont je ne suis pas et que je sache personne n'est obligé d'y assister.

Si la corrida est dépassée, si elle n'est plus de son temps, alors elle s'éteindra d'elle-même, quand les spectateurs cesseront de se rendre aux arènes. C'est déjà semble-t-il le cas si j'en crois cet article relevé ce matin :

Holà
Palavas, Fréjus, Vergèze... de plus en plus de villes françaises disent basta aux corridas
Article réservé aux abonnés
Le débat parlementaire qui doit se tenir ce jeudi sur l’interdiction de la tauromachie s’annonce houleux. Pourtant, des villes taurines dans le sud du pays ont déjà mis un holà aux corridas, sans provoquer de bronca.

Difficile d’ignorer que, ce jeudi, l’Assemblée nationale doit examiner la proposition de loi d’Aymeric Caron (député Révolution écologique pour le vivant) visant à interdire la corrida : depuis des semaines, pro et anti s’écharpent dans les médias à coups d’arguments plus ou moins futés et affûtés. Mais à l’écart de ces passes d’armes, la disparition progressive des corridas s’installe discrètement dans les terres dites de tradition taurine. Comme à Mauguio, une commune héraultaise qui s’étend entre Montpellier et la Méditerranée : les deux dernières éditions de sa «Romeria», fête annuelle dédiée à la culture espagnole, ont fait l’impasse sur la traditionnelle corrida proposée au public depuis 1989. «Nous l’avons remplacée par un spectacle plus familial qui attire un public quatre fois plus nombreux», constate le maire (DVG) Yvon Bourrel, qui estime que les corridas ne correspondaient plus aux attentes de la population.

SOURCE

Alors pourquoi vouloir, par la loi, hâter la mise à mort de la corrida ?  La cause animale a bien d'autres combats à mener : élevages concentrationnaires, mise à mort sans étourdissement, ce ne sont pas les sujets qui manquent depuis que le paysan est devenu, bien malgré lui, un industriel.


Rajout de dernière minute : le projet de loi vient d'être retiré.

20 commentaires:

  1. Petit dérivatif pour la populace qui pendant ce temps là oublie les vrais problèmes. Intéressant de voir que les enfants du "il est interdit d'interdire" sont friands des interdictions.
    Le Page.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sont devenus très intolérants les soixante-huitards en effet...

      Supprimer
    2. Pas mieux que la première phrase de Le Page...bien que je n'ose pas aussi facilement vous classer parmi les aficionados de dérivatifs populaciers.

      Supprimer
    3. L'épisode sera clôt ce soir, le dérivatif aura été de courte durée...

      Supprimer
    4. A bien y regarder il est même probable que n'importe quel sujet jusque là tenu sous le boisseau (insécurité, décivilisation, etc...) va devenir un dérivatif aux multiples publications scientifiques au sujet du Covid (origine, effets des protéines spike "vaccinales" ou covidiennes, surmortalités, etc...). Le foot, Noël, et même la guerre en Ukraine s'essoufflent déjà...

      Supprimer
    5. La vérité sur le Covid suit son bonhomme de chemin...
      Patience !

      Supprimer
    6. Ah ben ça merdalors... On va donc tout savoir sur grippe pangoline avant la prochaine vague dévastatrice...
      En même temps, on va tout savoir sur McKinsey et leur rôle dans les comptes de campagne(s) d'Emmanuel Macron
      Sur le but et les moyens dont le même envisage de "bâtir un travail de civilisation", rien que ça...

      C'est trop d'un coup, mon cœur n'y résistera pas.

      Supprimer
    7. Comme on le dit sur BV (je crois) qu'il commence par préserver la nôtre de civilisation...
      Y'a du boulot...

      Supprimer
    8. Rassurez-vous bedeau, Macron et McKinsey vous seront donnés en pâture bien avant que quoi que ce soit ne sorte sur le Covid. On sent que c'est trop gros. Il va falloir diluer sur plusieurs générations.

      Supprimer

  2. Si vous me suivez et me lisez depuis quelques temps, vous savez que je suis un défenseur de TOUTES nos traditions, nos coutumes... bref, tout ce qui fait notre civilisation et notre Nation (ou ce qu'il en reste)
    Il y a une certaine époque où j'aurais défendu la corrida avec la même conviction que nos autres usages, culturels et spirituels, quand elle était encore "un rituel sacré", "une métaphore du jeu de la vie et de la mort" , (le sacrifice du taureau étant à l’origine de la vie : le sang de l’animal fertilisant la terre... ) ce qu'elle ne peut plus être dans une époque désacralisée ou même notre Noël devient sujet de controverses et où tout est scénarisé, marchandisé, galvaudé...
    C'est -à mon sens, bien sûr évidemment !- devenu un grand-guignol morbide sans autre but que de donner un délicieux frisson interdit à des gens qui seraient bien incapables de tuer eux-mêmes leur poulet du dimanche.

    Ici comme ailleurs, le "en même temps" a ses limites.


    PS L'épisode sera clôt ce soir, le dérivatif aura été de courte durée... dommage, le sujet semblait d'importance... !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pas sûr Bedeau, je pense qu'il s'agit là d'une tradition encore bien ancrée dans certaines régions. Bien ou mal? A chacun son avis. Perso ça ne m'intéresse pas mais que mon voisin aille crier Ollé, ne me dérange pas. A part ça j'ai retenu le chiffre de 60 milliards d'animaux sacrifiés chaque année; question priorité certains ne maîtrisent pas! Et on ne parlera pas du Halal et casher bizarrement oubliés du débat sur le traitement des animaux.
      Pourvu que nos ardents défenseurs de bovins n'approuvent pas l'envoi d'armes en Ukraine car ils l'ignorent peut-être, mais c'est fait pour tuer des hommes. Mais pour eux, c'est moins grave, probablement.

      Supprimer
    2. J'espère pour ma part que l'incident sera davantage clos que clôt... encore que dans des arènes...

      Supprimer
    3. Ah m... c'est pourtant vrai c'que vous dites !

      Supprimer
    4. @Anonyme : je pense aussi qu'il y avait bien d'autres priorités en matière de bien-être animal...

      Supprimer
    5. @bedeau : vous pensez qu'elle a tant changé que ça la corrida ?

      Supprimer
  3. Une tradition est bien tant qu'elle conserve un peu de sens. Par exemple, bien que très attaché à la culture bretonne, je trouve grotesques ces employés aux écritures et autres garçons coiffeurs qui se déguisent en Panoramix une fois par an pour cueillir du gui avec un sécateur de chez Castorama (l’esprit druidique devrait suffire à maintenir et faire perdurer une tradition, mais grand bien leur fasse).
    L'ultime argument, des défenseurs de cette barbarie dénuée de sens profond est "Oui, mais alors, qu'est-ce que vous leur dites aux gens qui vont perdre leur emploi si on arrête les corridas"... imparable, cette fois.



    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai l'impression que ça a encore du sens pour beaucoup de monde dans ces coins là. Mais je peux me tromper.

      Supprimer
    2. Tradition, baguette, corrida, passé, amour, tranchées, désespoir, sang, tuerie, voilà bien le sujet français par excellence, un débat sans fin comme la vis.
      Nous t'aimons, Animal, la preuve ? Crève, crève dans la dignité de la tradition. Laisse-nous parler de la tradition, de nos jouissances traditionnelles, du sang excitant, de la merde qui nous divise.

      Supprimer
    3. Votre commentaire me donne envie de manger une belle entrecôte tiens...
      Pourtant il avait bien commencé, votre commentaire...

      Supprimer
  4. J'aimerais entendre un de ces amateurs de tradition, m'expliquer en quoi consiste cette tradition, d'où elle vient, et pourquoi et comment, et pourquoi elle doit perdurer ? A titre de revanche, je ferai de même à propos de traditions comme Noël, la Toussaint, ou l'Epiphanie... Halloween, et Black-Friday par exemple ça sera moins facile.
    Ou me dire, puisque la lutte contre la corrida n'et pas (pardon, "n'est plus"...) une priorité législative contre la maltraitance animale, quelle est la priorité vraiment prioritaire...



    (bon, l'épisode sera clôt ou clos ce soir, tant pis, et ce document s'autodétruira dans un peu plus d'une heure)

    RépondreSupprimer

Lâchez-vous ! Mais en gens bien élevés tout de même...