mardi 17 mai 2022

Mon frérot *




Pauvre Idrissa Gana Gueye...

Déjà on lui demandait, selon les matchs, de faire un peu de pub pour la Matmut, Esso ou SFR, Nike évidemment...

Mais là ça va trop loin : d'un seul coup on lui demande d'arborer un brassard ukrainien à son bras, mais aussi, n'en jetez plus, son numéro sur le terrain aux couleurs LGBT, et plus.

Ça va trop loin, beaucoup trop loin.

Moi j'aurais réagi comme lui, j'aurais invoqué des crampes, une gastro, je serais resté sur le banc de touche en attendant que ça passe.

Il voulait quoi Idrissa ? 

Ne pas être récupéré par des valeurs nauséabondes, rester fidèle à ses convictions. Taper dans le ballon sans être rattrapé sur sa gauche par la folie du monde, faire une passe décisive éventuellement... 

Idrissa tu es un bel exemple, par ton geste, de l'insoumission à laquelle par paresse ou par peur du jugement, nous renonçons, avec tant de légèreté ou de trouille. 

Merci à toi mon frérot, tu es un homme, les autres sont des esclaves. 

* Modification de titre pour cause de risque d'incompréhension du second degré. 


mardi 10 mai 2022

Bizarreries russes


Les Russes sont étonnants. Nous leur devons, quoi qu'on en dise, la victoire sur le nazisme. Avec la chienne Laïka ils furent les premiers à envoyer en orbite un être vivant. L'ancêtre de l'actuelle Station Spatiale Internationale est la station Mir, russe elle aussi.

Pourtant, au 21e siècle, sur le plancher des vaches, ils semblent combattre avec de vieilles pétoires du début du 20e, un arsenal dérisoire et dépassé, vulnérable au moindre drone commandé par un geek boutonneux. 

Qu'est donc devenue l'intelligence russe ? Où est passé son savoir-faire ? 

C'est la question que l'on peut se poser quand on suit les échos de cette guerre sur les chaînes d'informations... 


mardi 3 mai 2022

Les chœurs de l'Armée rouge

 Moi, ce qui me ferait chier, c'est que les chœurs de l'Armée Rouge deviennent prochainement les Petits Chanteurs à la Croix de Bois...

On y perdrait beaucoup je trouve... 

lundi 2 mai 2022

Savate nocturne



Cette nuit je me suis battu. 

Comme un mauvais garçon j'ai joué du poing d'la tête et du chausson. 

Voilà comment ça s'est passé :

Je marchais sur une petite route départementale, presque un chemin vicinal, nous étions à la fin de l'été, en tout cas les moissons étaient faites ; le ciel était mauve-orangé. Du village où je me rendais montaient les "boum-boum" d'une fête. C'était une campagne comme on en voit dans le Pithiverais, morne et plane, j'avais une pizza encore chaude dans son étui de carton à la main. Soudain, deux ou trois jeunes en VTT ont surgi de ma gauche, venant d'un champ de chaumes, coupant la route pour en rejoindre un autre. Dans un premier temps ils ont eu l'air de m'ignorer. Puis l'un d'eux a fait demi-tour pour arriver à ma hauteur, tandis que les autres restaient en retrait, observant la scène.

- donne la pizza ! m'a-t-il lancé.

Comme je ne répondais pas, il a posé son vélo sur le bas-côté et s'est approché de moi.

- donne, donne j'te dis !

Ooooh lui cherchait l'embrouille, on allait pas tarder à se connaître, l'un de nous deux allait moucher rouge dans pas longtemps, c'était couru...

Comme il devenait vraiment menaçant, mon pied gauche a fendu l'air. Et vlan ! dans le menton du petit merdeux ! Aïe aïe aïe ! ai-je hurlé quand mon pied rencontra l'angle acéré de ma table basse. J'ai juré "nom de Dieu de nom de Dieu !", le réveil était brutal et douloureux. Clopin-clopant j'ai pris la direction de la salle de bain, laissant sur mon chemin des gouttes de sang sur le parquet. Dans la baignoire j'ai arrosé ma blessure d'une solution aqueuse et désinfectante. Mon raisiné au fond s'écoulait sur l'émail en un filet rosâtre continu. Puis ça s'est calmé un peu. Nulle part je n'ai trouvé le moindre bout de sparadrap pour colmater la plaie. Alors j'ai pris un tampon de démaquillage dans le sachet que ma belle accroche à côté du miroir, puis l'ai fixé vaille que vaille avec un peu de scotch.

Je me demande si je vais passer à côté d'une petite cure préventive d'antibios... Ne riez pas ! J'ai connu un type comme ça, dans les 45-50 balais, une armoire à glace, qui s'était fait une blessure assez semblable à la mienne, je ne sais plus comment. Il a été emporté par la gangrène en quelques semaines...

On ne devrait pas jouer de la savate la nuit... 

vendredi 29 avril 2022

Note de service


Je viens de rajouter dans ma blogoliste un nouveau site : "les Envahis". 

J'aurais dû le faire depuis longtemps...

Bonne lecture ! 

mercredi 27 avril 2022

Les squatteurs


Il faut comprendre pourquoi les squatteurs d'en bas ne seront jamais inquiétés : ils sont protégés par les squatteurs d'en haut. 

samedi 23 avril 2022

Waiting For the Sun

 

 

La dernière fois


C'est la dernière fois. La dernière fois que l'on peut glisser un bulletin de vote "Le Pen", demain, jusqu'à 20 heures au plus tard. Après il sera "trop" tard. 

Quoi que vous puissiez penser de cette femme, de ses errements comme de ses maladresses, elle porte le nom de cette famille qui, depuis des décennies, nous alerte, nous décrit avec précision notre destin, celui du pays qui est le nôtre. 

C'est en forme d'hommage que nous devrions tous, comme je vais le faire, aller mettre demain un bulletin Marine Le Pen dans l'urne. 

En forme de gratitude. 

Fredi M. 

vendredi 22 avril 2022

Si haute soit la montagne

 

Les montagnes étaient notre salut car leur silence murmurait plus de réponses que toutes les inventions humaines.


 
Louis Meunier, "Si haute soit la montagne".


C'est un bien beau livre que je viens de refermer : "Si haute soit la montagne", de Louis Meunier.

C'est un recueil de neuf nouvelles qui ont pour cadre principal les montagnes d'Afghanistan. Certaines sont bouleversantes, troublantes, toutes profondément humaines et poétiques. Elles sont écrites dans un style que je qualifierais de "brut", dénudé de toutes fioritures, minéral comme les steppes ou les montagnes de l'Asie Centrale. Un style qui, s'il s'agissait d'art pictural, se rapprocherait des peintures que nos ancêtres préhistoriques nous ont laissé sur les grottes qu'ils habitaient.

Ma vie était simple, j'étais heureuse et ne manquais de rien, comblée par ce que la montagne m'offrait. Deux hivers et deux étés, j'ai sillonné mon territoire en écrivant mon existence comme une déambulation entre crêtes et forêts, jouissant de la solitude avec un bonheur chaque fois renouvelé. Au troisième hiver, je me suis soudain sentie seule. Un vide terrible s'est creusé à l'intérieur de mon ventre, comme s'il me manquait quelque chose pour être complètement. Moi si solitaire, je n'avais jamais rien éprouvé de tel. Une nuit de pleine lune, je me suis postée au sommet d'un piton rocheux et j'ai appelé. J'ai commencé par pousser une plainte timide, puis j'ai crié ma solitude avec de longs hurlements, déchirant l'air dans les quatre directions pour que le ciel m'entende. Les jours suivants, j'ai déposé mon odeur sur les rochers, puis j'ai attendu. J'ai attendu jusqu'à ce que la lune se réduise à un croissant minuscule, et enfin il est apparu. Le ciel avait entendu ma prière.

"Histoire d'amour", Si haute soit la montagne.

Amis blogueurs qui passez par ici, n'hésitez pas à vous procurer ce petit chef-d'œuvre : en ces temps méphitiques, l'air des montagnes ne pourra vous faire que du bien. 

Plus d'informations sur l'auteur ICI.

lundi 18 avril 2022

Boldini au Petit Palais

 



Hier ma belle et moi sommes allés voir l'exposition "Boldini" au Petit Palais. 

Boldini, contemporain de Proust qui l'admirait, nous décrit par ses peintures une époque aujourd'hui révolue, une époque d'avant la grande catastrophe, du désastre de 14, celle aussi de l'élégance et des mondanités. Est cité à un moment du parcours un article du Figaro de l'époque, hélas trop incomplet, où l'auteur dit que "Boldini est le peintre de nos névroses.

Quelles étaient ces névroses ? 

Nous ne le saurons pas.

J'aurais aimé en savoir plus des névroses de cette époque...

Peut-être étaient-elles celles d'une minorité de parisiens, courant les derniers salons à la mode, les fêtes les plus grandioses, voire les meilleures partouzes, le bon peuple faisant comme toujours, loin de ces frivolités de lui ignorées, "bouillir la marmite". La fête n'était certainement pas pour tout le monde, et elle n'allait pas tarder à prendre fin.

Dans l'une des salles de l'exposition on découvre, comme pour donner du corps à ce que nous venons de voir, les robes que portaient "ces belles dames du temps jadis". Et on les imagine très bien, rentrées à point d'heure, trempées de sueurs rances, se débarrasser de leur fardeau vestimentaire dans un "ouf" de soulagement.

Nous avons terminé la visite sous les colonnades du jardin de ce Petit Palais décidément magnifique. Et je me suis fait la réflexion que Boldini aurait pu nous peindre, ma belle et moi devant un verre de vin, dans ce décor luxueux. Sans chapeau claque et canne à pommeau, ou lourde robe et ombrelle, nous aurions fait malgré tout d'excellents modèles.

D'ailleurs qui sait ce qu'il se passe dans ces jardins, quand le musée est fermé et ses espaces privatisés, que la bonne société d'aujourd'hui s'y retrouve en oubliant les gilets-jaunes et autres sans-dents ? En dehors de quelques détails vestimentaires, tout a-t-il vraiment autant changé que du temps de Boldini ?















vendredi 15 avril 2022

Souveraineté populaire




Moi il y a une chose qui m'interroge, comme on ne devrait pas dire. On nous dit que si par immense malheur MLP arrivait au pouvoir, elle ne pourrait rien faire, en matière migratoire par exemple, la constitution le lui interdisant. Ah bon !? Mais notre constitution, qui en principe est le socle intangible de ce que nous sommes, a été "bidouillée" pas moins de 24 fois depuis 1958 (par comparaison celle des États-Unis est pratiquement inchangée depuis sa promulgation). Et nous ne pourrions plus nous permettre de la modifier une nouvelle fois ?

L'autre argument contre le projet de MLP est de dire que nous sommes liés par des traités européens. Très bien... Mais alors si le droit supranational l'emporte sur notre droit national, à quoi bon élire un président qui sera de toute façon impuissant ? Que deviennent la souveraineté populaire, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? À quoi rime cette mascarade électorale ?

De deux choses l'une : soit c'est l'Europe qui dispose de nous et de notre destin (et dans ce cas il nous revient d'élire un président européen et de réduire à un rôle de préfet le locataire de l'Élysée), soit nous sommes encore un peuple libre et alors il convient de suivre l'exemple de nos amis britanniques.

Le "no alternative" actuel n'est plus tenable, nous éloigne de la démocratie dans enfumages et impostures, où la volonté des citoyens est tournée en dérision, moquée, ignorée et le plus souvent condamnée. 

dimanche 10 avril 2022

Aphorisme nocturne et désabusé


Oh punaise... 

Je vais encore devoir faire la queue pour voter dans quinze jours...

A voté !

 


J'ignore si mon bureau de vote sera représentatif du reste de la France, mais il y avait foule ce matin pour accomplir "le devoir citoyen". Par chance, la première lettre de mon nom de famille m'aura servi de coupe-file. Tout cela a tout de même demandé trois quarts d'heure de mon temps ! Et quand je suis sorti du bureau de vote, la file sur le trottoir s'était encore allongée. Une chose m'a frappé dans cette attente. J'habite certes un quartier qui n'est pas encore totalement envahi, mais où il y a malgré tout une diversité notable. Or cette diversité était totalement absente parmi les gens qui patientaient. Je sais bien que c'est Ramadan, mais tout de même : Mélenchon ou son successeur, la gauche en général, feraient bien de se trouver un autre électorat. Le jeu démocratique échappe au nouveau peuple... 

A voté ! 

samedi 9 avril 2022

L'amitié

 


Voilà un an que tu es mort "P.", un an que je n'arrive pas à me faire à cette idée.

Je crois qu'il ne se passe pas une seule journée sans que ton souvenir s'impose à moi, sous la forme fugitive d'une image, en lisant un texte qui t'aurait fait rire, en pensant aux événements actuels dont tu aurais été intarissable d'analyses, en cette veille d'élections aussi.

Je te revois à "S", tes yeux bleus de savoyard levés au ciel, cherchant les mots pour la suite d'une idée, d'une démonstration à compléter, à parfaire, je te revois enduisant tes coudes rongés par le pso d'une crème apaisante. Quand tu t'assoupissais, vaincu par le verre de trop, on s'ennuyait déjà.

Sais-tu qu'il m'arrive encore de te parler, la nuit, en rêves ? 

L'autre jour, dans la rue près de chez moi, j'ai suivi un homme qui, de dos, avait tout de toi, de ton imposante silhouette, même sa démarche un peu lourde était la tienne. Il a tourné dans la rue de Charenton. Ainsi donc désormais tu habites rue de Charenton ? Et tu ne m'en as rien dit ?

Parfois les gens vous disent qu'ils ont deux ou trois amis. Je crois qu'ils mentent ou qu'ils se leurrent. 

Quand la vie vous en fait le cadeau d'un seul, c'est déjà un miracle.

Dilemme


Comment pourrions-nous entrer dans cette guerre ? Se sentir concernés ? Pour partir à la guerre il faut un sentiment fort d'appartenance, une cause non négociable à défendre. "La liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes" en est une par exemple. 

Il n'y a plus de peuple européen, les nations qui le constituaient ont été méthodiquement dissoutes dans le mondialisme, noyées sous l'immigration de masse. Les "valeurs" de l'Europe sont pourries, n'inspirent que le dégoût. 

Le nationalisme, on nous le répète urbi et orbi, c'est le mal et la guerre. Mais aujourd'hui nous devrions condamner l'un, et défendre l'autre quand il ressurgi à l'est. C'est nouveau... 

Mais toujours réfuter le nôtre bien sûr ! 

Les Ukrainiens comme les Russes, qui comme nos poilus de 14 vivent une guerre civile absurde, se demanderont dans quelques décennies pour qui et pour quoi ils sont morts. Leur Donbass c'est notre Alsace-Lorraine, et Marioupol leur Verdun. Ils auront à n'en pas douter leur tombe du soldat inconnu, de belles cérémonies commémoratives... 

Ce que je sais, ce dont je suis convaincu, c'est qu'au sortir de la guerre froide nous avons loupé une belle occasion de la faire ou la refaire cette belle Europe, celle de Tolstoï et de Balzac, de Prokofiev et de Bizet. De de Gaulle aussi. 

Mais nous avons voulu alors, et nous le voulons toujours, renoncer à nous-mêmes, être des américains. Mieux : des citoyens du monde... 

Et aujourd'hui c'est la guerre recommencée, que nous ne savons ni ne voulons plus faire : nous en connaissons trop bien l'épilogue. Pro-Russes ? Pro-Ukrainiens ? Restons prudents, envisageons les sorties de secours... 

Et puis s'il le faut les Américains reviendront bien n'est-ce pas ? 

Jamais deux sans trois ! 

lundi 4 avril 2022

Épuration ?



Et si, ce que l'on nous présente comme un crime de guerre, voire pourquoi pas un crime contre l'humanité, de l'armée russe, n'était finalement qu'une épuration par anticipation menée par des Ukrainiens contre d'autres Ukrainiens ? 

Nous avons connu ça nous autres, mais à la fin de la guerre, quand tout était joué : les tondues, les supposés collabos, une liesse festive, assassine et morbide à laquelle le Général dû mettre un terme. 

Qui sait si tous ces morts de Boutcha ne se sentaient pas un peu trop Russes ? 

Qui sait si les Ukrainiens ne sont pas des criminels ordinaires ? 

Qui pourra prouver le contraire ? 

dimanche 3 avril 2022

À la mosquée

 


Non, non..., non.

Non, en ce début de ramadan, je ne me suis pas converti à l'Islam.

C'est ma belle...

Dans notre longue coexistence, c'est la deuxième fois qu'elle me fait le coup de la Grande Mosquée de Paris. La première, ce fut il y a bien longtemps à l'occasion de l'un de mes anniversaires de la trentaine. À cette époque nous avions un rituel quand l'un ou l'autre cochait une année supplémentaire : celui du resto-mystère. L'élu du jour se laissait guider vers une adresse inconnue des deux, choisie pour telle ou telle particularité. C'est ainsi par exemple que nous découvrîmes le Procope et bien d'autres lieux insolites. J'ignore pourquoi nous avons renoncé à cette sympathique tradition. L'usure du temps sans doute, comme pour le reste... Mais, en ce mois de juillet de cette année-là, elle m'avait emmené du côté de Censier et de la rue Buffon, à la Grande Mosquée donc.

- tu aimes le couscous ?

- tu le sais bien : j'adore ça !

- alors voilà (nous étions arrivés devant l'édifice) nous allons essayer celui de la Grande Mosquée ! Il paraît que c'est l'un des meilleurs de Paris (ce qui s'avéra pas tout à fait vrai, mais passons). Pas mal comme idée non ?

- parfait, parfait, génial, j'adore !

Nous nous installâmes dans l'une des courettes. L'air était saturé d'une odeur de thé à la menthe. Un serveur vint nous porter les menus et ma belle passa commande :

- Un couscous brochettes et un royal SVP. Elle marqua une courte pause puis enchaîna : "Tu veux un gris de Boulaouane avec ça ?"

- parfait, parfait, génial...

Mais le serveur me coupa :

- Pardon, mais nous ne servons pas d'alcool ici, c'est une mosquée comme vous savez. En revanche, nous avons un excellent thé à la menthe.

Jamais je n'avais eu d'anniversaire aussi sobre, mais je crois bien me souvenir qu'à la fin du repas nous nous jetâmes dans le premier bar venu pour réparer la bévue.

À la mosquée aujourd'hui, nous n'y étions pas pour faire bombance, mais en visiter les jardins, que ma belle supposait fort beaux. Ce fut un peu décevant : nous les avions imaginés beaucoup plus grands. De plus, toutes les fontaines étaient à l'arrêt, les petits plans d'eau asséchés. 

La visite fut donc brève, et nous repartîmes vers Austerlitz via le jardin des Plantes, sans même avoir pris un thé à la menthe : les fameuses courettes étaient bruyantes, emplies d'une jeunesse boboisée.

J'ai bien peur qu'il n'y ait jamais de troisième fois...






vendredi 1 avril 2022

Crimes de guerre


Cette notion de "crimes de guerre"  m'interroge.

Le crime n'est-il pas le propre de la guerre ?

Comment faire la guerre sans commettre des crimes ? 

Lapsus lectionis bis


Aïe aïe aïe... Fredi ça ne va pas mieux ! 

Devinez ce que j'ai lu :



mardi 29 mars 2022

La visite honteuse

 


En ces temps où la chasse n'a pas très bonne presse, aller visiter le musée qui lui est consacré à Paris relève presque du politiquement-incorrect. C'est pourtant ce que nous fîmes ma belle et moi ce week-end.

On entre là avec un vague sentiment de culpabilité, la tête dans les épaules, en espérant n'être reconnu de personne, un peu comme on le ferait à l'entrée d'un peep-show rue de la Gaité. De fait, cette accumulation d'animaux empaillés finit par créer un certain malaise. D'ailleurs je n'ai jamais partagé la passion de certains pour la taxidermie. Enfin voilà, c'est fait :









jeudi 24 mars 2022

Un détail de trois fois rien




Ainsi donc c'est le retour des beaux jours... En soi c'est plutôt une bonne nouvelle ! Il n'y a qu'un petit détail qui me chagrine, me chiffonne c'est le cas de le dire, un détail de trois fois rien : avec ces hausses de températures, je suis obligé de repasser mes chemises. L'hiver je les enfile ni vu ni connu toutes froissées sous mon gilet ; avec l'arrivée du printemps, sauf à s'en foutre royalement, ce n'est plus possible. 

Et je ne peux même pas compter sur ma belle, que le repassage horripile. #SANDRINE ROUSSEAU.

samedi 19 mars 2022

L'artiste qui dort en moi

 

Aujourd'hui nous nous levâmes d'assez bonne heure ma belle et moi, je veux dire pour un samedi.

Il s'agissait d'honorer un cadeau que nos fistons nous avaient fait à Noël dernier, ce que nous ne pouvions faire sans la levée des restrictions sanitaires, à savoir participer à un atelier de dessin au Musée Cognacq-Jay. L'invitation précisait "samedi 19 mars, 10h01", ce qui était assez cocasse. Le cours durait trois heures et il nous fallait reproduire, à la pierre noire ou au crayon de papier, une lithographie en noir de Louis Boilly (moi non plus).

Je choisis la pierre noire, qui est douce et caressante sur le papier. 

Je ne dirai pas, en ces temps belliqueux, que l'exercice fut pour moi un supplice ou une torture, ce serait déplacé, inconvenant. Mais, s'il y a un artiste qui sommeille en moi, ces trois heures ne l'auront pas révélé : il dort encore profondément. Je fis les yeux trop en amande, les ombres aux mauvais endroits et, sous mon crayon, Johann Théodor Susemihl (moi non plus), notre sujet d'études, prit des traits efféminés, qu'il me pardonne.

Nous sortîmes à 13h01, pour être raccord avec l'invitation. Dire que j'étais soulagé est un exemple parfait d'euphémisme. Nous partîmes dans les rues encore fraîches du Marais à la recherche d'une terrasse ensoleillée. N'en trouvant pas, nous poussâmes jusqu'à Châtelet par la rue de Rivoli et trouvâmes notre bonheur à l'angle des quais et du Théâtre du Châtelet. Il y avait un peu d'animation sur la place, une sono diffusait des airs africains : une manifestation contre les violences policières commençait à prendre forme. Un manifestant passa avec un drapeau qui proclamait "Vive la commune !" suivi d'un autre qui affirmait "Refugees Welcome !". Nous avions commandé des moules-frites et du chardonnay et nous étions bien, face au soleil, avec devant nous la cathédrale en rénovation, quand soudain une dizaine de fourgons de CRS vinrent se garer le long du trottoir, bouchant notre horizon. 

Le printemps, c'est (lapalissade) le moment des éclosions comme je le disais hier encore, de toutes les éclosions et les manifestations n'échappent pas à la règle, même s'il est vrai qu'on y a droit un peu toute l'année. Je parle d'éclosions comme je pourrais parler de crises d'herpès ou d'urticaire, mais c'est moins poétique. En tout cas je suis à peu près certain que chaque quartier de Paris aujourd'hui devait avoir la sienne. Ce sont comme des répétitions en vue du joli mois de mai.

Après avoir pris congé de ma belle qui avait des achats à faire, je remontais Le Bd Saint-Michel. À la hauteur de la Sorbonne, il y avait de nouveau du bruit. En fait il s'agissait de quelques cadres de la macronie qui motivaient leurs jeunes troupes de "tracteurs". Je reconnus là Gilles Legendre, d'une blancheur cadavérique, Emanuelle Wargon, Avia, toute souriante, qui me fit penser à la vache qui rit, mais en noir (je ne suis pas certain de l'orthographe des blazes, mais ne comptez pas sur moi pour aller vérifier). Tracter sur le Boul'Mich et Saint-Germain-des-Prés quand on est à LaREM c'est un peu porter le fer en terrain conquis je trouve... Mais enfin, c'était somme toute assez compréhensible ce rendez-vous place de la Sorbonne : en les observant, je me fis la réflexion qu'ils avaient tous des airs de vieux soixante-huitards. Je suis sûr que dans leur pedigree, ils cochent tous la case UNEF puis la case "Parti Socialiste". Mais là encore je m'en contre-pignole et n'irai pas vérifier mes supputations. La macronie quoi qu'on en dise est bien le refuge des anciens de la rue de Solférino (la preuve : le PS officiel est à 2%), comme il tend à devenir celui des LR désabusés ; un attrape-mouches quoi, un gros machin qui ratisse du centre-droit au centre-gauche. Autrefois, avant la fusion toute honte bue, on appelait ça l'UMPS.

J'ai continué et mon Dieu qu'il est raide ce faux-plat qui monte jusqu'à Denfert. Il vous nique vos dernières énergies, comme ça, sournoisement, pas après pas. 

Devant La Closerie des Lilas il y en avait encore une autre de manifestation. Mais alors une micro-manifestation si on peut dire, 20-30 personnes, pas davantage et en comptant large, qui étaient là pour dire leur opposition à l'avortement. Un avorton de manifestation en somme, un embryon. Un vieux dans un mégaphone chantait un hymne à Marie. Je pris une photo. C'est alors qu'une jeune fille s'avança vers moi et me tendit un bout de papier. Comme je déclinais l'offre, elle me dit : "vous avez bien pris une photo, alors acceptez ça SVP". Je n'allais pas contrarier cette pauvre fille, engagée dans des combats perdus depuis longtemps, vestige malgré sa jeunesse d'une chrétienté vacillante.

Plus loin je lus ces mots sur le bout de papier en question :

"Ce qui autrefois était un crime est devenu la norme. Nos parents, nos grands-parents étaient-ils fous ?"

Qu'auriez-vous répondu à ça ? Que c'est le progrès peut-être, et que rien n'arrête le progrès. Ce qui est faisable sera fait. Aux chiottes l'éthique !

Enfin j'atteignis le Lion : j'étais quasi chez moi.


mardi 15 mars 2022

lapsus lectionis


Quand, chez Houellebecq, je tombe sur ce genre de phrase, "elle parla du travail de deuil, de l'énigme de la filiation", j'ai tendance à remplacer mentalement "filiation" par "fellation".

Mais c'est un peu de sa faute faut dire... 

dimanche 13 mars 2022

Sous l'œil des caméras

 

 

 

 

Alors évidemment tout allait beaucoup moins vite en ces temps-là...  Et encore ce n'est pas vraiment sûr : faire du 30K/h aujourd'hui dans Paris est une gageure, une limitation réglementée qui relève du superfétatoire... Les rues de Paris en tout cas devaient sentir bon le crottin. J'adore l'odeur du crottin, depuis vendredi soir j'ai la nostalgie de l'odeur du crottin... Du moins n'y avait-il pas comme aujourd'hui des caméras de surveillance à tous les carrefours et, pire, des caméras de vidéo-verbalisation, de celles qui sans doute vont me coûter mon permis ou, au minimum, gravement l'amputer, lui qui affiche encore fièrement, à l'heure où je tape ces mots, "12 points". Permis délivré il y a près de quarante ans par les autorités de Fort Desaix, Martinique. Permis à peine entaché d'une suspension temporaire de deux mois, il y a belle lurette, au sortir du Pied de Cochon, où une poire en avait appelé une autre, puis sa sœur, puis sa cousine, l'amie de la cousine, enfin vous voyez le topo...

En homme moderne j'avais mis Waze pour passer de la rive gauche à la rive droite. Waze connait mieux Paris que moi désormais ; cette ville m'est devenue incompréhensible... Je hais la rive droite, cet entrelacs de rues mesquines que la lumière du soleil ignore ou, au contraire, ces avenues orgueilleuses dont l'une ose se prétendre la plus belle du monde. Mais je hais par-dessus-tout ce piège à automobiliste qu'est devenu Paris dès qu'il a le malheur de tourner sa clef de contact. Il devient dès lors comme un insecte pris dans une toile d'araignée, une araignée vicieuse et malhonnête, sadique, perverse, qui, à coups de sens interdits aberrants, de lignes de bus qui soudainement passent du côté droit au centre de la chaussée, et donc de caméras, guette sa proie, ce déplorable qui ose encore se déplacer en véhicule à moteur à explosion quand il a pléthore de trottinettes à sa disposition.

Waze, pour parcourir ce labyrinthe, est un auxiliaire précieux, les pires dérives de la municipalité y sont régulièrement mises à jour, on peut lui faire confiance. Quand j'arrivais, par la rue Guy Moquet, pratiquement à destination, chez une vielle dame à qui j'avais à rendre service et qui habite rue Legendre, Paris 17ème, il m'assura que cette dernière se prenait bien sur ma droite comme une épingle à cheveux, un peu raide à négocier d'ailleurs. Alors pourquoi ne l'ai-je pas cru ? Pourquoi me suis-je malgré tout engagé sur cette avenue de Saint-Ouen en sens unique ? Et pourquoi, constatant mon erreur, ai-je aggravé mon cas en faisant un demi-tour périlleux pour me remettre dans le droit chemin ? Tout cela bien sûr sous le regard réprobateur d'une bonne demi-douzaine de caméras... 

Derrière l'écran il faut un homme assermenté pour constater l'infraction. C'est la loi.

Ne me reste plus qu'à attendre. Attendre et espérer que l'homme "assermenté" prenait le pot de fin de semaine avec ses collègues en attendant la relève de la nuit.

Mais je me suis laissé dire que l'on buvait beaucoup moins dans la police dorénavant…

jeudi 10 mars 2022

Les adieux sur un quai de gare

 


 On s'est aimé comme on se quitte

Tout simplement sans penser à demain
À demain qui vient toujours un peu trop vite
Aux adieux qui quelquefois se passent un peu trop bien

Je l'ai déjà dit ailleurs, un autre jour, quand je termine un livre de Houellebecq j'éprouve une sensation de manque. C'est ce qui c'est inévitablement produit après avoir refermé "anéantir". J'ai donc retrouvé dans ce qui me sert de bibliothèque "Sérotonine", livre à peu près, en tout cas suffisamment, oublié de ma mémoire. Toutefois je me souvenais d'un passage qui avait eu le don de m'émouvoir. Mon côté fleur-bleue sans doute... D'ailleurs à ce propos il m'arrive de penser que j'ai raté ma vocation : j'aurais dû être écrivain. Un écrivain de romans de gares, de ces livres que les jeunes filles achètent pour faire paraître moins long le voyage. Je crois que j'aurais excellé dans ce domaine, que j'aurais fait de l'ombre à Marc Lévy et autres Musso (des auteurs injustement snobés mais leurs comptes en banque s'en foutent, et Musso est invité à "La Grande Librairie", c'est dire). Et puis quoi ! Qui y'a-t-il de plus gratifiant que de faire passer un bon moment à une femme, je vous le demande ? 
Voici le passage en question:

La dernière photo que j'ai de Kate doit être quelque part dans mon ordinateur mais je n'ai pas besoin de l'allumer pour m'en souvenir, il me suffit de fermer les yeux. Nous venions de passer les fêtes de Noël chez elle, enfin chez ses parents, ce n'était pas Copenhague, le nom de la ville m'échappe, quoi qu'il en soit j'avais eu envie de revenir en France lentement, par le train, le début du voyage était étrange, le train filait à la surface de la mer Baltique, deux mètres seulement nous séparaient de la surface grise des eaux, parfois une vague plus forte que les autres venait frapper les hublots de notre habitacle, nous étions seuls dans la rame au milieu de deux immensités abstraites, le ciel et la mer, je n'avais jamais été aussi heureux de ma vie et probablement est-ce que ma vie aurait dû s'arrêter là, une lame de fond, la mer Baltique, nos corps définitivement mêlés, mais ceci ne se produisit pas, le train atteignit sa gare de destination (était-ce Rostock ou Stralsund ?), Kate avait décidé de m'accompagner quelques jours, sa rentrée universitaire commençait le lendemain mais elle allait s'arranger. 
La dernière photo que j'ai de kate est prise dans le parc du château de Scherin, petite ville allemande, capitale du land de  Mecklembourg-Poméranie Occidentale, et les allées du parc sont recouvertes d'une neige épaisse, au loin on aperçoit les tourelles du château. Kate se retourne vers moi et me sourit, j'ai probablement dû lui crier de se retourner pour que je la prenne en photo, elle me regarde et son regard et plein d'amour, mais aussi d'indulgence et de tristesse parce qu'elle a probablement déjà compris que je vais la trahir, et que l'histoire va se terminer.
Le même soir nous avons dîné dans une brasserie de Schwerin, je me souviens du serveur, quadragénaire maigre, nerveux et malheureux, probablement ému par notre jeunesse et par l'amour qui irradiait de notre couple et à vrai dire surtout  d'elle, le serveur qui avait carrément interrompu son service, les assiettes une fois posées, pour se tourner vers moi (enfin vers nous deux mais surtout vers moi, il devait avoir senti que j'étais le maillon faible) pour me dire en français (il devait être français lui-même, comment un Français avait-il pu se retrouver serveur dans une brasserie de Schwerin, la vie des gens est un mystère), enfin pour me dire avec une gravité inhabituelle, sacrée : "Restez comme ça tous les deux. Je vous en prie, rester comme ça."
Nous aurions pu sauver le monde, et nous aurions pu sauver le monde en un clin d'œil, in einem Augenblick, mais nous ne l'avons pas fait, enfin je ne l'ai pas fait, et l'amour n'a pas triomphé, j'ai trahi l'amour et souvent quand je n'arrive plus à dormir c'est-à-dire à peu près toutes les nuits je réentends dans ma pauvre tête le message de son répondeur, "Hello this is Kate leave me a message" , et sa voix était si fraîche, c'était comme plonger sous une cascade à la fin d'une poussiéreuse après-midi d'été, on se sentait aussitôt lavé de toute souillure, de toute déréliction et de tout mal.
Les dernières secondes eurent lieu à Francfort, dans la gare centrale, la Frankfurter Hauptbahnhof, elle devait cette fois vraiment rentrer à Copenhague, ses obligations universitaires elle avait quand même exagéré, enfin elle ne pouvait en aucun cas m'accompagner à Paris, je me revois debout à la portière du train, et elle sur le quai, on avait baisé toute la nuit et jusqu'à onze heures du matin jusqu'à ce qu'il soit vraiment l'heure d'aller à la gare, elle m'avait baisé et sucé jusqu'à la limite de ses forces et ses forces étaient grandes moi aussi à l'époque je rebandais facilement enfin à vrai dire la question n'est pas là, elle n'est pas essentiellement là, elle est surtout que Kate, à un moment donné, debout sur le quai, s'est mise à pleurer, pas vraiment à pleurer, quelques larmes ont coulé sur son visage, elle me regardait, elle m'a regardé pendant plus d'une minute, jusqu'au départ du train, son regard n'a pas quitté le mien une seule seconde et à un moment donné, malgré elle, des larmes se sont mises à couler, et je n'ai pas bougé, je n'ai pas sauté sur le quai, j'ai attendu que les portes se referment.
Pour cela je mérite la mort, et même des châtiments beaucoup plus graves, je ne peux pas me le dissimuler : je terminerai ma vie malheureux, acariâtre et seul, et je l'aurai mérité. Comment un homme, l'ayant connue, pouvait-il se détourner de kate ? C'est incompréhensible. J'ai fini par l'appeler, après avoir laissé je ne sais combien de ses messages sans réponse, et tout ça pour une immonde Brésilienne qui allait m'oublier dès le lendemain de son retour à Sao Paulo, j'ai appelé kate et je l'ai appelé exactement trop tard, le lendemain elle partait en Ouganda, elle s'était engagée dans une mission humanitaire, les Occidentaux l'avaient déçue forcément, mais moi en particulier.

mercredi 9 mars 2022

Paranoïaques



La folie, en dernier ressort, est l'argument massue pour disqualifier l'adversaire. Ainsi les Français sont paranoïaques quand ils croient voir leur grand-remplacement. À Plieux on guette les sirènes de l'ambulance qui viendra passer la camisole de force à celui qui a théorisé la chose.

Plus à l'est on découvre ces jours-ci un autre grand malade, un homme qui fait des cauchemars quand il songe à tous ces missiles braqués vers son pays. Il serait réfugié dans un bunker, une pillule à portée de main, atteint comme son illustre prédécesseur germanique d'un léger parkinson, prêt à caresser une dernière fois ce qu'il reste de têtes blondes disposées à mourir pour l'éternelle Russie.

À Cuba en 62 c'était très différent. Pas de folie chez Kennedy, pas de paranoïa ; juste un homme sain de corps et d'esprit qui se battait pour le monde libre, et protégeait son territoire.

La folie est à géométrie variable ...

mardi 8 mars 2022

La panne

 

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Deux publications que je retire en l'espace de quelques jours...

C'est la panne quoi.

Et quand c'est la panne, il ne faut pas forcer le désir : il faut attendre qu'il revienne.

Ou pas.

mercredi 2 mars 2022

Du sordide dans le tragique

 J'avais, moi aussi, été frappé il y a quelques jours que le seul témoignage de Français bloqués à Kiev fut celui d'un couple, en l'occurrence un couple de lesbiennes venues en Ukraine prendre "livraison" de leur commande, à savoir un bébé, "leur bébé" osaient-elles dire, qui s'apprêtait à naître après neuf mois de gestation dans le ventre acheté (loué) à une femme probablement déshéritée pour en être arrivée à ce sordide marchandage. J'en avais ressenti un profond dégoût quand, la présentatrice en plateau, conclue l'interview par un "merci pour cette belle histoire". Une belle histoire ? Vraiment ?

Les valeurs de l'Europe, cette Europe cul par-dessus tête, c'est l'avortement légal jusqu'à 14 semaines et bien davantage en cas de "détresse psychologique", le commerce des ventres de femmes paupérisées, et ces "valeurs" n'ont rien de désirables. Elles ont, au contraire, tout de valeurs nauséabondes, putrides et inversées qui ne sauraient raconter "de belles histoires".

J'avais eu envie d'en faire un billet puis y avais renoncé. Mais, ce matin, Le Figaro publie la tribune qui suit, tribune à laquelle je souscris entièrement. Elle dit clairement ce qu'est la GPA : une autre forme d'esclavagisme, d'odieuse exploitation.

 

 

Marché de la GPA en Ukraine: «L'égoïste inquiétude des clients occidentaux face à la détresse des mères porteuses»

«Les cliniques de GPA ukrainiennes s'acharnent à continuer leur business.»
«Les cliniques de GPA ukrainiennes s'acharnent à continuer leur business.»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que la guerre s'intensifie en Ukraine, des couples français s'épanchent dans la presse sur leur inquiétude à pouvoir mener à bien leur projet de GPA en Ukraine. La journaliste et essayiste, Céline Revel-Dumas, dénonce l'indécence de ces revendications.

Formée en histoire et en philosophie et diplômée de l'Essec, Céline Revel-Dumas est journaliste. Elle est l'auteure de GPA, Le Grand Bluff paru le 16 septembre aux Éditions du Cerf.



La guerre est si monstrueuse qu'elle jette à la face des hommes ce qu'ils supportent le moins du monde : la vérité. Ce week-end, contre toute attente, la gestation pour autrui a révélé son véritable visage. Celui d'un opportunisme commercial insensé satisfait par un égoïsme aveugle. Alors que le monde voit le peuple ukrainien résister contre l'envahisseur russe, que Kiev est assiégée par les chars, que des civils fuient ou s'enterrent dans des abris de fortune, deux femmes françaises bloquées en Ukraine et attendant la naissance d'enfants nés de GPA apparaissent, elles, tout sourire sur BFMTV et LCI. Leur «gros problème», selon leurs mots : «Toutes les administrations fonctionnent au ralenti, voir pas du tout», déclare l'une d'elles. Les deux femmes en appellent au gouvernement français pour être rapatriées avec «leur bébé», le plus vite possible. Les deux femmes pensent «à tous les Français, à toutes mamans et tous les papas qui sont eux en France et qui vont avoir leur naissance dans quelques jours (…) et qui ne pourront pas récupérer leur bébé». Alors même que l'armée russe sème la mort, ces deux Françaises pensent aux couples qui ne pourront pas récupérer l'enfant prévu. Indécence.

 En Ukraine, la GPA apparaît dans sa noirceur la plus crasse. Celle des regards rétrécis d'Occidentaux refusant de voir au-delà de leur désir personnel, encouragés par l'appât du gain à toute épreuve d'une industrie avide. Pas un mot, pas une phrase pour ces «mères porteuses» dont on ne souhaite la survie provisoire que pour qu'elles livrent leur lot, et qui pourront ensuite retourner à leur sort, plus tragique encore que celui de l'indigence financière qui les a poussées à porter un enfant pour d'autres afin de nourrir les leurs.

L'une des fulgurances dont était capable Oscar Wilde décrit ce pire à l'œuvre : «Il n'y a que deux tragédies dans la vie : l'une est de ne pas avoir ce que l'on désire ; l'autre est de l'obtenir». Le coup du sort qui frappe les couples infertiles n'a pour sauf-conduit que la violence qu'ils infligent à ces femmes abandonnées à leur misère et leur angoisse et les enfants qui naîtront dans le bruit des bombes. Peu importent ces femmes, prêtes à tout pour survivre. Peu importe leur suivi médical dans un pays qui privilégie désormais la médecine de guerre. Peu importe la terreur dès lors que leur corps répond à la marche forcée des inséminations. Peu importe l'inconfort, le froid glacial, dès lors que leur utérus tient au chaud l'embryon acheté.

Il est deux sortes de barbarie. Celle qui arrache l'individu à une identité collective et le défait de ce qu'il porte d'appartenance à un commun sculpté par un esprit, une histoire, des souvenirs et ce «désir de continuer ensemble» cher à Ernest Renan. L'Ukraine s'épuise à batailler pour cela. L'autre barbarie est d'ôter à l'être humain son intégrité. L'étymologie latine nous apporte un éclairage essentiel. Integritas c'est «l'état d'être intact», de préserver une «totalité». La gestation pour autrui, plus encore en Ukraine, et plus encore à cette heure, ne permet en aucun cas un tel état d'être. L'intégrité psychologique de ces «mères porteuses» ne peut être assurée tant leur situation économique interdit tout libre arbitre réel. Rappelons également ici que les «mères porteuses» qui souhaitent garder l'enfant qu'elles ont mis au monde se voient opposer un contrat qu'elles ont signé de leur main quelques mois plus tôt.

Plus encore, c'est leur intégrité physique qui est anéantie. Nous pouvons le résumer ainsi : ces jeunes femmes ne disposent plus de leur propre corps. Peu de cas est fait, par exemple, des injections d'hormones à haute dose qu'elles doivent subir pour supporter un embryon qui n'a aucun lien génétique avec elles. Une fois enceintes, elles sont habituellement réunies à plusieurs dans un appartement, loin de leurs villes natales, surveillées par un superviseur qui les contraint à respecter des horaires stricts. L'une d'elles, Alina, rapportait à une journaliste[1] : «Si nous n'étions pas de retour avant quatre heures de l'après-midi, nous pouvions recevoir une amende de 100 dollars». C'est sans compter les amendes qui sanctionnent la moindre plainte à l'encontre de la clinique ou des médecins. Dans une interview au journal El Pais[2], Maria rapportait le calvaire traversé lors de sa grossesse pour autrui. Parlons crûment. La jeune femme saigne intensément. La clinique ne réagit pas. Devant l'intensité des saignements, elle est finalement examinée : «L'hôpital m'a dit que le fœtus était mort depuis deux semaines. La clinique ne m'a donné que 300 euros. J'ai mis deux mois à m'en remettre. C'est très dur et très triste». De telles situations sont loin d'être exceptionnelles. En Ukraine, plusieurs de ces femmes déclarent régulièrement être considérées comme du «bétail».

 

SOURCE 


lundi 28 février 2022

Le docteur Francus

 


Je voudrais, en commençant ce billet, remercier M. DIDIER GOUX, qui dans le sien s'amuse du glissement progressif de nos expressions coutumières. C'est lui qui, avec ses soupers et ses diners, m'a remis en mémoire des lectures anciennes, celles du docteur Francus, qui de son vrai nom s'appelait Albin Mazon et était plus journaliste que docteur. J'ai, comme on le sait, un tropisme particulier pour le Vivarais. Le livre que j'avais en mémoire est quelque part ici, dans ce foutoir qu'est notre maison. Mais où ? Heureusement Internet a plus de mémoire que moi. Et c'est miraculeusement que j'ai retrouvé "en ligne" les écrits du docteur Francus. Par son érudition, son humour, ses références historiques, le bon docteur Francus est bien plus qu'un écrivain régionaliste : au-delà de sa région, il nous parle d'un pays qui s'appelait "la France". C'est plus précis et plus documenté que du Zola, ça se lit comme un roman, mais c'est aussi un précieux documentaire.

Amis lecteurs de ce blog, EN SUIVANT CE LIEN, c'est plus qu'un cadeau que je vous offre, c'est un trésor que vous pourrez découvrir en allant sur "publications" puis "lire en ligne".

Si lire c'est aussi voyager, alors soyez assurés que vous ferez un beau voyage, et que l'humour du bon docteur Francus ne sera pas en reste.

En voici un extrait, tiré de "Voyage dans le midi de l'Ardèche", "Études des mœurs locales" :

 

Voici, docteur, continua Pélican, une question qui vous intéressera davantage. Pour être chirurgien, il faut aujourd’hui des années d’études. On le devenait autrefois à meilleur compte. Il suffisait d’un apprentissage, comme pour devenir cordonnier ou charpentier, s’il faut en juger, du moins, par l’acte suivant que j’ai relevé dans les vieilles minutes de maître François Cade, notaire royal à Gravières au siècle dernier. Oyez plutôt : 

« L’an 1750 et le vingtième jour de mars, devant moi notaire et témoins bas-nommés… a été présent en sa personne sieur Guillaume Chevalier, habitant de la ville des Vans, lequel de son gré met et baille en apprentissage sieur Louis Chevalier, son fils, à sieur Jean Antoine Brousse, pour et au nom de sieur Antoine Gauffrès, son oncle, maître chirurgien de la ville de Nîmes, ici présent et acceptant, pour lui apprendre et enseigner tout ce qui dépend de l’art de la chirurgie, sans lui rien cacher qu’il fera pendant le temps et terme de deux ans et deux mois… moyennant le prix et somme de dix-huit livres que ledit sieur Chevalier père promet de payer audit sieur Brousse, à la St-Privat prochain, moyennant quoi ledit sieur Brousse promet de nourrir ledit Chevalier apprenti, sans qu’il soit obligé de le fournir de rasoir ni de blanchissage, et ledit sieur Chevalier père promet et s’oblige de faire travailler son dit fils au profit dudit sieur Brousse pendant ledit temps, et au cas qu’il perdît du temps par maladie ou autrement, ledit Chevalier père sera obligé de faire remplacer ce temps perdu par son dit fils au bout de son terme… »

– Il s’agit probablement ici, lui répondis-je, de l’honorable corporation des chirurgiens-barbiers lesquels, en fait de chirurgie, ne pratiquaient guère que la saignée. Au reste, il faut bien avouer que la médecine comme la chirurgie ont été pendant longtemps fort arriérées et, si l’on songe à la rareté des vrais médecins et chirurgiens autant qu’à la difficulté des communications, on comprend qu’on fût encore parfois fort heureux, au fond des provinces, d’avoir, à défaut de grives, le merle chirurgien-barbier.

– C’est pour cela, dit Pélican, qu’autrefois le moindre village avait son chirurgien. Ainsi, à Gravières, il y en avait deux avant la Révolution, et il en était de même dans les autres localités de la vallée de Chassezac, tandis qu’aujourd’hui il faut courir aux Vans ou à Villefort, d’où le savant diplômé arrive le plus souvent trop tard. Quel est, d’ailleurs, le paysan assez riche, dans mon royaume, pour faire face aux dépenses qu’exigeraient les visites d’un médecin à de si grandes distances ? Il paraît que nos anciens médecins et chirurgiens étaient véhémentement soupçonnés d’aller déterrer les morts, soit pour apprendre l’anatomie en les disséquant, puisqu’on ne pouvait pas, comme aujourd’hui, s’exercer sur les cadavres que les hôpitaux fournissent aux amphithéâtres des facultés, soit pour s’approprier leur graisse dont ils faisaient, disait-on, grand usage pour leurs médicaments.

– J’espère, dit Barbe, que cet absurde préjugé est disparu aujourd’hui.

– Moins que vous ne croyez. Une foule de paysans s’imaginent encore que les médecins attachent un grand prix à la graisse de chrétien et, il n’y a pas bien longtemps, dès qu’un mort d’un certain embonpoint avait été enterré dans ces parages, les parents et amis montaient la garde pendant la nuit au cimetière avec leurs fusils, prêts à tirer sur tout mécréant qui aurait osé venir le déterrer. C’est ce que firent notamment les habitants de Gravières, en mars 1820, lors de la mort du curé Meyrueitz. Comme c’était un homme fortement constitué et d’une belle corpulence, les autorités et les sages du pays jugèrent prudent de faire garder sa tombe pendant plusieurs nuits, par des hommes armés, de peur qu’on ne le fît servir à des onguents de graisse de chrétien. Et ne croyez pas que ceci soit une histoire inventée à plaisir, car il existe encore à Gravières des gens qui ont figuré dans cette garde nocturne. Ils furent douze, se relevant par piquets de quatre, qui se tinrent en vue du cimetière, l’arme au bras, pendant huit nuits consécutives. Les idées se sont sans doute notablement modifiées depuis ; cependant je ne vous engagerais pas, après la mort d’une personne grasse, à trop tourner autour d’un cimetière de village.

– Je me souviens, dis-je à Pélican, d’avoir entendu parler, lors de mon voyage autour de Valgorge, d’une brave femme des Assions qui jouit d’une grande réputation de guérisseuse. Est-ce qu’il y a beaucoup d’empiriques dans la contrée ?

– Comment voulez-vous qu’il n’y en ait pas, répondit-il, avec un pays si accidenté qui rend si long, si coûteux et si difficile le recours à la médecine régulière ? De même que le chirurgien-barbier était autrefois une nécessité dans tous les villages, le guérisseur ou rebouteur l’est encore aujourd’hui dans une grande partie du pays. C’est le résultat de la force des choses.

Les deux plus habiles guérisseurs sont morts : c’étaient l’abbé Maron, curé de Faugères, et l’abbé Ranc, prêtre retiré au Petit-Paris, de la famille du fameux Arthur Ranc, le député républicain actuel. Au dire des paysans, le curé de Faugères reconnaissait la maladie au premier coup d’œil jeté sur le malade. Il en était de même de l’abbé Ranc.

Le remède le plus ordinairement employé par le curé de Faugères était le cresson. Il s’en faisait une telle consommation, d’après ses ordonnances, qu’on en était venu à ne plus en trouver dans les fontaines du pays.