jeudi 23 septembre 2021

D'un film l'autre, plutôt l'autre

 


L'autre soir je m'étais mis en tête de revoir "Les liaisons dangereuses" de Stephen Frears tiré du roman éponyme, dont je n'avais plus guère de souvenirs.

Mais, très vite, je me suis rendu compte que je n’en avais rien à f... de tous ces poudrés-perruqués, de leurs complots d'alcôves, de leurs vices et leurs dépravations sadiques. C’est à croire que pour Stephen Frears, comme pour l'auteur du roman, le XVIIIè siècle ne se résumerait qu'à une vaste coucherie, que rien ne s'y serait fait de grand, de beau, de noble. Que les hommes de ce temps décadent l'auraient occupé à se refiler la vérole. Que, sans doute, était là la raison pour laquelle nous n’avions pas su conserver l'Amérique qui nous revenait de droit. Et que la fête commence... 

J'ai donc zappé et suis tombé sur les "Deux Frères" de Jean-Jacques Annaud qui, diffusé sur une chaîne privée, venait à peine de commencer. 

Quel bonheur de revoir ce film ! Jean-Jacques Annaud n'est pas de ces cinéastes qui se foutent de la gueule du monde, et de "La guerre du feu" à "Stalingrad", en passant par "Le nom de la rose" ou "Coup de tête", toute sa filmographie en témoigne. Dans tous ses films on reste admiratif devant le travail accompli, la rigueur, le soin apporté aux moindres détails. C'est également vrai dans "Deux frères", avec un Vietnam époque coloniale remarquablement reconstitué bien que gentiment moqué, voire tourné en ridicule (beaucoup de scènes et de dialogues gaguesques). Mais, surtout, on est jaloux de cet enfant qui s'endort aux côtés d'un bébé tigre comme nous le faisions avec notre chaton, qui joue à cache-cache avec lui. Et, en ce siècle qui ne tardera plus à accorder une âme aux animaux, dans la continuité de la loi du 10 juillet 1976 (article L214) qui leur reconnaissait déjà une sensibilité, on se laisse aller sans retenue à cet anthropomorphisme que nous propose J-J Annaud, où l'homme révèle sa bestialité et l'animal son humanité. On se résigne avec Sangha à la captivité, au renoncement, à l'abandon de la vie même. 

Mais, de leur passage parmi les hommes, les deux frères en auront tiré une bonne leçon qui, à la fin du film, les sauvera tous les deux...

Pour l'anecdote il se trouve que ce film fut coupé de trois longues pages de publicité durant lesquelles je me rabattais sur le débat entre les deux écolos finalistes sur LCI, en vue du second tour de leur primaire de samedi prochain. Me croirez-vous ? Je suis tombé respectivement sur l'importante question des transgenres, sur celle non moins importante des réfugiés Afghans, ainsi que des réfugiés du monde entier pour faire bonne mesure, plus un autre thème du même tonneau dont j'ai oublié la teneur. Du bien-être animal, de l'abattage rituel, du sort des abeilles comme de l'écologie en général, j'ai l'impression qu'il en fut très peu question tout au long de ce débat.

Avec Jean-Jacques Annaud j'étais décidément en bien meilleure compagnie...

21 commentaires:

  1. Les bras m'en tombent !

    Tiens, je préfère me taire…

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  2. Qu'on puisse accorder le moindre intérêt aux films d'Annaud me sidère. Qu'on puisse, en plus, le mettre au-dessus de Frears, là, ça me sidère.

    Et qu'on préfère une niaiserie comme LA Guerre du feu aux Liaisons dangereuses de Laclos, alors là, ça m'accable carrément.

    Voilà.

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    1. Je n'ai jamais établi de hiérarchie entre les deux cinéastes mais simplement dit que ce Frears là avait eu le don de m'ennuyer très vite comme l'aurait fait je pense le livre de Laclos. Plus j'avance en âge et plus je manque de patience et d'indulgence pour tout ce qui ne m'accroche pas dès les premières minutes. C'est ainsi.
      Et oui je tiens JJ Annaud pour un grand cinéaste exception faite de l'un de ses derniers films qui est une daube déconcertante (j'ai oublié le titre).

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  3. L'Ours : une prouesse technique et beaucoup d'émotion(s)
    Il y a "l'amant" aussi.
    Dans le genre amours sulfureuses du XVIIIè il y a aussi "Mademoiselle de Joncquières", j'ai beaucoup aimé, peut-être même davantage que celui de Frears.

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    1. Mon fils vient de me dire aussi beaucoup de bien de "L'Ours".

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  4. Si vous allez par là il y a aussi eu, "L'Ours et la Poupée" !
    Bon d'accord, il paraît que la poupée en question fête ses 87 ans ces jours-ci, ce qui devrait relativiser l'intérêt des djeuns pour ce film !

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    1. Arf !
      J'suis pas fan de Bardot au cinéma... Et je ne connaissais pas ce film.

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  5. Ah non, ne riez pas ! Une actrice qui arrivait à émoustiller jusqu'au Général, parce qu'elle rapportait plus d'argent à la France que la régie Renault, mérite votre respect !

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  6. Une poupée émoustillante ne fait pas de facto une bonne actrice...
    Peut-etre un bon coup au pieu et encore faut voir...
    Je comprends le Général d'y avoir pensé...

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    1. Il n'a pas fallu vous titiller beaucoup pour avoir la confirmation que vous n'étiez pas capable de raisonner plus loin que vous ne le permettait ce qu'il vous reste encore dans le pantalon !

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    2. Vous êtes sûre pour la régie Renault ? 🥺

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    3. Allons donc... ça peut justifier bien des rôles.

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    4. Ça donne envie de virer sa cuti...

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  7. Homme de peu de foi :

    http://financedemarche.fr/citations/les-exportations-des-films-de-brigitte-bardot-rapportent-a-la-france-autant-de-devises-que-la-regie-renault

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    1. Faut dire que les Renault n'ont jamais été bien carrossées...

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Lâchez-vous ! Mais en gens bien élevés tout de même...