lundi 14 juin 2021

On m'a vu à Aubusson



Avec fiston, depuis Paris, nous avons pris le chemin des écoliers qui mène à Aubusson. La Creuse, il y a longtemps que je voulais y faire une halte. Ça tombe bien : depuis quelques temps fiston y a un pied à terre.

Il y a sur Aubusson, comme sur trop de bourgades de France, une sorte de chape de nostalgie ; nostalgie d'une époque où il y avait du travail pour tous, nostalgie du temps des lissiers, des maçons de la Creuse ou même des usines Philips. Aubusson n'a jamais été une grande ville : au plus fort de son activité, sa démographie dépassait à peine les 7000 habitants. Mais, aujourd'hui, elle est en passe de tomber sous les 3000...

Ceci explique cela : Aubusson est à vendre. J'estime à près d'un tiers les biens immobiliers qui attendent un acquéreur à prix cassé. Pour la survie de la ville, il y a urgence. Pour les habitations aussi : si Aubusson ne menace pas ruine, loin s'en faut, elle souffre et s'abîme dans bien des quartiers.



Pourtant il y aurait ici, pour des jeunes décidés et convaincus qu'une autre vie est possible ailleurs que dans les mégalopoles, tout pour être heureux. L'espace n'y est pas compté, la nature y est magnifique, la quiétude garantie.

Mais revient toujours l'éternelle question : qu'y faire quand même les paysans semblent ne plus mettre les vaches au pré ? Cela m'a frappé durant une balade dans la campagne environnante : beaucoup de prés à vaches... sans vache.

Quel est donc l'avenir de ce coin de France pourtant béni des dieux ?



10 commentaires:

  1. Dans la France de demain, hélas, Aubusson risque fort de faire tapisserie.

    (Je sais, je sais… mais je n'ai pas pu m'en empêcher !)

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  2. On pourrait en dire autant de nombre de régions françaises...

    Je serais partisan d'une remigration des Français vers les campagnes et petites villes.

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  3. Vous avez déjà, je crois, visité quelques autres villes moribondes ?
    Ou vous n'avez pas de chance dans vos excursions, ou c'est une spécialité nationale ?

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    1. Je crois que c'est la France qui n'a pas de chance...
      Mais vous avez raison pour mes étapes en province.

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  4. Moi, à 15 ans, j'ai vécu (enfin, si on peut dire...) cette expérience de ville morte :
    https://www.google.com/amp/s/amp.parismatch.com/Actu/Medias/j-ai-couche-les-Mazametains-dans-leurs-rues-508685

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    1. Oui, à cette époque la route faisait beaucoup de morts.
      Mais nos morts d'aujourd'hui ne sont même pas nés...
      La dénatalité fait plus de morts que le cancer et les accidents de la route.

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  5. On peut toujours y faire tapisserie...
    Amitiés.

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  6. M. Goux vous a devancé ! 😀
    Amitiés too !

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Lâchez-vous ! Mais en gens bien élevés tout de même...