mardi 18 mai 2021

Le plan du haut commissaire

 


 

 Je suis redevable de ce billet à Monsieur François Bayrou que l'on ne présente plus.

Monsieur Bayrou dans un récent rapport s'inquiète du déclin démographique de la France. En préalable je voudrais dire que ce déclin me semble tout à fait relatif. Nous sommes quand même passés de 40 millions d'habitants à la fin des années soixante à 67 millions aujourd'hui. Peut-être que M. Bayrou, comme un certain Pascal Lamy il y a quelques années, rêve-t-il d'un pays de 100 millions d'habitants...

Il faudrait selon ce rapport, pour sauver notre modèle social et singulièrement celui des retraites, un redémarrage de la natalité ou, dans le cas contraire, faire appel à de nouveaux immigrés qui devraient en toute logique devenir de nouveaux cotisants. Mais quand on sait que seulement 14% des immigrés déjà présents sur notre sol participent à l'activité économique, à combien de millions M. Bayrou chiffre-t-il ce nouvel apport ? Mystère...

Mais il y a pire il me semble. Comme tous les libéraux (je pense par exemple à l'omniprésent Nicolas Bouzou), M. Bayrou, pourtant homme de culture, donne l'impression de faire sienne la théorie de l'homme interchangeable, producteur/consommateur et inversement.

Il me donne l'occasion de citer Renaud Camus, "Le Changement de peuple" (2013) :

Cela dit, c'est tout un peuple, il faut le reconnaître, et pas seulement le patronat qui de la sorte réfléchissait de façon parfaitement abstraite, à force d'économisme pur coupé de toute conscience nationale, patriotique, ethnique ou culturelle, quand il nous était expliqué sur tous les tons, il y a dix ans, que faire venir toujours plus d'étrangers était la seule façon de sauver notre système de retraites. À n'importe quelle autre époque la question des retraites aurait paru parfaitement dérisoire, insignifiante, indigne, au regard de l'indépendance nationale et de l'identité du peuple, de sa persévérance dans l'être à l'intérieur de ses frontières traditionnelles. Personne n'aurait eu l'idée de mettre ceci et cela sur le même plan, encore moins, à ceci, de sacrifier cela.

On se moque des théoriciens de la sortie de l'histoire mais l'économisme, la réduction de la vie politique à des questions de produit national brut, d'emploi, de balance des échanges commerciaux et d'équilibre des marchés, est bel et bien une forme atténuée de sortie de l'histoire.

 Voilà.

Pour finir je pense que si de tels choix devaient être retenus, ce serait décourager encore plus ce qu'il reste de Français de souche. Ces derniers ne pourraient voir dans une telle politique que de mauvais présages, l'accumulation de nuages noirs. Le message reçu serait "disparaissez, nous n'avons plus besoin de vous".



 

6 commentaires:

  1. Cette citation de R.Camus est très bien venu dans l'actualité en cours. Merci

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  2. Ouille! J'espère que cette apologie de Renaud Camus ne vous vaudra pas la visite, comme M. GOUX, du nommé Jean-François Brunet...
    Aramis

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    1. Bah... Qu'il vienne, il sera bien reçu ! 😀😀

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  3. Si ces abrutis se figurent que Mohamed et Mamadou vont leur financer la retraite, ils se foutent le doigt dans l’œil jusqu'à s'en crever le slip!

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Lâchez-vous ! Mais en gens bien élevés tout de même...