dimanche 2 octobre 2022

Car j'ai vu trop souvent la pitié s'égarer


Samedi 24 septembre, une femme de 40 ans a été frappée et violée par plusieurs hommes près des Nefs, sur l'île de Nantes. Les personnes présumées coupables de ce viol collectif sont des Soudanais. Ce qui attise depuis des discours anti migrants.

Ses agresseurs présumés ont été mis en examen et incarcérés. Quelques jours après les faits, la victime, par la voix de son avocate, a décidé "de sortir d’un silence auquel elle aspire" pour exprimer sa "consternation" face au discours anti migrants qui circule depuis. 

"Au choc de l’agression vient pour elle s’ajouter la consternation de ce que certain.e.s s’approprient les faits dont elle a été victime pour stigmatiser les migrants et les désigner comme responsables premiers de l’insécurité qui règnerait dans notre pays en général et à Nantes en particulier" écrit l'avocate nantaise Anne Bouillon.

"Elle clame son attachement profond et indéfectible aux valeurs humanistes que sont l’accueil de celles et ceux qui cherchent refuge et l’ouverture aux autres. Ce qu’elle a subi et qui l’a perpétré n’y change rien", précise maître Anne Bouillon, précisant que sa cliente "rejette l’amalgame facile et erroné fait entre immigration et délinquance. Elle rappelle que les violences sexuelles et sexistes existent en tous lieux, en tous temps, en tous milieux et par des hommes de toutes origines qui partagent en commun de se sentir autorisés à agresser des femmes".

"Ce qu’elle a subi, comme tant d’autres, n’est rien de plus que de la violence exercée par des hommes sur des femmes", conclut l'avocate.

 

Bizarreries russes, redif




Au mois de mai dernier je publiais le billet qui suit. Nous sommes en octobre, et il me semble encore plus d'actualité, à l'heure où la légendaire armée rouge recule de partout. 

Je ne voudrais pas me faire le relais d'une propagande ou d'une autre, mais force est de constater que ça patine sérieusement côté Russes. 

Là-bas comme ici, le goût pour la guerre, l'envie de mourir pour une cause qui nous dépasse, a déserté les consciences. Subrepticement, les ravages de l'individualisme, sur la place Rouge comme sur les quais de la Seine, sous les radars des dirigeants de ce pays que l'on croyait hermétique à tout soft- power amerloque, font que la guerre n'est plus qu'une affaire de vieux croulants, nostalgiques et dépassés, qui ne peuvent plus la faire, et que la jeunesse veut éviter à tout prix. Et tant pis si la cause est honorable, digne d'intérêt : le russe veut être un abonné à Netflix comme un autre, mondialisé, vacances à Saint-Tropez !  

Je ne veux pas  me faire le relais d'une propagande ou d'une autre, disais-je, mais le sentiment nationaliste, patriotique, sauf surprise de dernière minute, est aujourd'hui en Ukraine, fait bâiller dans sa datcha le Russe moyen qui cherche, sur son smartphone, la meilleure façon d'échapper à la Bérézina.

Après 14, la France décimée, n'aspirait plus qu'à une chose : la paix. Elle a eu la débâcle de juin 40. 

Après Stalingrad, l'Afghanistan, la Tchétchénie, les Russes pensent qu'ils ont assez donné pour la Sainte Russie.

La guerre, chez eux aussi, est passée de mode. 

Pour gagner une guerre, il faut l'adhésion totale et inconditionnelle aux raisons pour lesquelles on l'a déclenchée. Il faut le soutien indéfectible de tout un peuple. C'est ce qui semble faire cruellement défaut à Vladimir Poutine. Comme à nous en 40.

 C'est ce que je n'avais pas perçu au mois de mai dernier,  que personne ne pouvait envisager, et qui explique la possible défaite à venir de celui qui se rêvait le tsar de toutes les Russies : la guerre ne fait plus recette. 

Le billet en question :


Les Russes sont étonnants. Nous leur devons, quoi qu'on en dise, la victoire sur le nazisme. Avec la chienne Laïka ils furent les premiers à envoyer en orbite un être vivant. L'ancêtre de l'actuelle Station Spatiale Internationale est la station Mir, russe elle aussi.

Pourtant, au 21e siècle, sur le plancher des vaches, ils semblent combattre avec de vieilles pétoires du début du 20e, un arsenal dérisoire et dépassé, vulnérable au moindre drone commandé par un geek boutonneux. 

Qu'est donc devenue l'intelligence russe ? Où est passé son savoir-faire ? 

C'est la question que l'on peut se poser quand on suit les échos de cette guerre sur les chaînes d'informations... 

mercredi 28 septembre 2022

Fin de pause


 Pas de pause finalement. Pourquoi devrais-je en faire une ? En raison d'un commentateur psychorigide ? 

Pas question !

mardi 27 septembre 2022

Le salut par les femmes *

 

 

 

Les événements qui se déroulent actuellement en Iran, me replongent dans un lointain passé, que j'avais déjà évoqué dans l'un de mes premiers blogs, m'offrent l'occasion de me souvenir de Bany.

C'était au début des années 80, et je l'avais rencontrée pour la première fois dans un bar-boîte-de-nuit délicieusement glauque du quartier Montparnasse-Vavin, tenu par un vieil américain, où elle s'était trouvé un petit boulot de serveuse.

Bany n'était pas son véritable prénom bien sûr, mais le diminutif du sien, imprononçable à nos oreilles occidentales. Mais bannie, elle l'était vraiment. Sa famille, qui était au service du chah d’Iran, fut contrainte à l'exil, se retrouva éparpillée aux quatre coins du monde. Elle, pour des raisons que j'ai oubliées, se retrouva à Paris, trouva refuge dans un petit studio étudiant de Meudon (oui, là, derrière la pharmacie, au pied de la côte qui monte à l'observatoire).

Elle était là, derrière le comptoir, le regard triste, ailleurs. J'ai tenté d'engager la conversation mais tout de suite elle m'a coupé la parole d'un geste et d'un mot : "vous perdez votre temps". J’ai joué les offusqués, "pardon mais je ne suis pas celui que vous croyez, je voulais juste discuter". Il faut croire qu'il y avait dans ma protestation un accent de sincérité... 

J'ai souvent pris le train de Montparnasse à Meudon, voir une autre belle qui venait d'ailleurs. Elle se revendiquait Perse, pas du tout musulmane, de religion Zoroastrienne. L'Islam en Iran était pour elle un fâcheux accident, une défaite. Elle possédait une grande culture, savait tout de la musique et de la peinture, qu'elle pratiquait, avait un faible pour le Bordeaux (point commun que je partageais volontiers). J'ai vécu avec elle des moments d'érotisme inégalés. Elle me préparait des petits plats de chez elle puis, au milieu du repas, esquissait une danse orientale avant de servir la suite. Nous tombions la deuxième bouteille de Bordeaux. Et c'était le dessert. Alors elle mettait une musique douce, câline, et nous allions, dans cet espace si réduit, danser. Un à un nous enlevions nos vêtements, jusqu'à nous retrouver nus, dansant un slow inoubliable, inoublié, qui se finissait toujours à l'horizontale. Puis nous partions respirer dans les rues de Meudon : un détour par la petite chapelle orthodoxe, puis la côte qui monte à l'observatoire et son parc si romantique, avec sa vue de Paris, côte qui nique les jambes. La journée finissait. Bientôt elle me raccompagnerait à la gare RER.

Plus je la voyais plus j'étais amoureux. La passade devenait envahissante, obsédante. Je vivais un moment d'indécision, de flottement, de ces moments cruels qui nous laissent désemparés, hantent nos jours et nos nuits. 

Un jour Bany est partie.

Elle avait bénéficié d'une sorte de "regroupement familial", avait enfin décroché un visa, et s'envolait demain pour le Canada.

Cette nouvelle fut un déchirement et un soulagement pour moi : j'étais incapable d'aimer deux femmes en même temps, et il m'aurait fallu un jour décider. J'ai souvent laissé la vie décider pour moi, je le dois à ma nature contemplative et rêveuse. Et sans doute a-t-elle bien fait ce jour où je n'ai pas protesté. Je ne le saurai jamais.

Longtemps l’automne, la saison où je l'ai rencontrée, fut une saison où bien après  son départ, Bany venait me visiter en rêves, quand je croyais l'avoir oubliée. Me prenait alors une irrépressible envie de "monter" à Meudon, marcher seul le long des routes où nous allions auparavant. Jusqu'à ce qu'elle s'efface de ma mémoire. 

Ce qui se passe en Perse actuellement me ramène à son souvenir.


*Sauf Sandrine Rousseau bien entendu...

dimanche 25 septembre 2022

Sauvagerie ordinaire

 Ces images sont insoutenables, hideuses.

En les regardant, si vous en avez le courage, vous aurez comme moi une irrépressible envie de vomir.

Le jeune homme qui gît au sol, massacré, piétiné, sous les ricanements, peut-être déjà dans le coma, aurait pu être mon fils, le vôtre.

Et c'est cette barbarie que d'aucuns entendent répandre jusqu'aux coins encore paisibles de France, là où l'on ne voit jamais une patrouille de police ou de gendarmerie car c'est encore inutile, là où l'on s'absente de chez soi en laissant les portes grandes ouvertes car on a encore l'assurance que l'on ne risque rien.

Ceux qui nous proposent ça, du sommet de l'état à Perico Legasse, les amis du désastre comme le dit justement Renaud Camus, les saboteurs, comme je le dis plus simplement, sont soit des criminels ou des fous, peut-être les deux. L'idée n'en est pas moins odieuse. Un lopin de terre pour ces barbares ? Vraiment ? À part y faire pousser du chanvre qu'en feraient-ils ?

C'est de notre devoir urgent de s'opposer de toutes les façons possibles à cela, nous sommes ici chez nous et nos enfants ont droit à l'avenir et à la sécurité sur la terre de leurs pères.

 

 

La chanson du dimanche

 

"Je Suis Sous", Claude Nougaro, 1964 (votre serviteur avait trois ans) :

 

samedi 24 septembre 2022